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Les articles postés ici étant assez longs, je vous conseille d'utiliser les catégories en haut à droite ou bien la vue "Résumés"

Bonne lecture !

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Mercredi 7 décembre 2005

Depuis le regain d'actes antisémites au tournant des années 2000, les sociologues expliquaient la forte implication de jeunes issus de l'immigration par leur antisionisme, l'identification aux Palestiniens, ou encore la jalousie sociale. «Nous avons été étonnés de constater que c'est avant tout la pratique religieuse musulmane qui conditionne les préjugés antisémites», explique Vincent Tiberj, auteur du rapport. Ainsi, 46% des musulmans pratiquants de l'échantillon manifestent des sentiments antisémites, tandis 28% s'en montrent exempts (voir infographie).

Un antijudaïsme religieux

Chez les musulmans non pratiquants, ils ne sont plus que 30% à exprimer des préjugés antijuifs. Ce sentiment diffère des autres racismes, insiste le chercheur. Il n'est pas la simple expression d'un ethnocentrisme, puisque 80% des pratiquants expriment une opinion positive sur la religion chrétienne. De plus, cet antisémitisme persiste en partie chez les plus éduqués et chez les jeunes.

Encore 37% des bac+ 2 et 20% des universitaires manifestent de l'hostilité aux juifs. «Les préjugés antijuifs ne sont pas un épiphénomène parmi ces Français issus de l'immigration», observe Vincent Tiberj. Cependant, l'antisémitisme est loin d'être l'apanage des banlieues. Parmi les Français, encore 18% pensent que les juifs ont trop de pouvoir. En mettant en lumière les points d'achoppement entre une certaine pratique de l'islam et la République, l'étude balise le chemin de l'intégration.

 

Par Charles Hubin - Publié dans : Intégration et laïcité
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Dimanche 4 décembre 2005

Il y a six mois, Thierry Breton, ministre des finances, estimait que la France accumulait des déficits et vivait "au-dessus de ses moyens" depuis vingt-cinq ans. Il y a deux mois, Thierry Breton présentait devant les élus un budget 2006 avec des impôts records, des dépenses records et un déficit record de 46,8 milliards d'euros qui aggravera d'autant la dette publique record. Il y a six jours, mercredi, Thierry Breton déclarait au journal La Tribune que la dette publique française ne se montait pas à 1 167 milliards d'euros mais à 2 000 milliards et que ce gouffre "était le résultat de nos lâchetés collectives".

La question est : à qui renvoie l'adjectif possessif pluriel "nos" ? Au ministre des finances qui présente un budget contraire à ce qu'il prône ? A Dominique de Villepin, qui annonce des plans d'urgence toutes les cinq minutes alors qu'il n'a plus le moindre sou ? A Jacques Chirac, incorrigible dépensier depuis trente-cinq ans de vie publique ? Que nenni ! Les coupables sont les Français, selon M. Breton. Ces imbéciles de Français "entendent parler de la dette mais ne comprennent pas ses conséquences concrètes". Ils "ont l'impression qu'elle ne pèse pas". Et le ministre de dire qu'il est de son noble devoir de les "rappeler à la raison" et d'engager "une pédagogie" auprès des ignorants que nous sommes pour que, enfin, on se rentre bien dans le crâne que cette dette "est notre affaire à tous ".

Rappelons quelques faits et chiffres. Le dernier budget voté en excédent en France remonte à 1975. Gouvernements de droite comme gouvernements de gauche, la France aligne trente et un ans de déficits successifs. Le choix est toujours celui de privilégier les dépenses. Et quand le pouvoir décide d'abaisser des impôts, c'est à crédit, en creusant encore le déficit. Du coup, en trois décennies, la dette publique qui ne représentait que 20 % du PIB en 1980 a doublé en pourcentage de PIB et triplé en valeur. L'Etat a absorbé 40 % de l'épargne nationale. Une hausse historique en temps de paix et unique en Europe (voir le graphique).

Avant l'euro, la France eût été rappelée à l'ordre par des attaques contre le franc. Il eut fallu dévaluer et imposer, haïssable consigne, la rigueur. Depuis la monnaie unique, le vice budgétaire reste impuni, la France n'étant pas seule à s'y complaire, il est vrai. La dette gonfle brutalement quand la croissance tombe en 1993 puis encore depuis 2002. Les Français se retrouvent avec plus de 1 100 milliards de dettes quand le niveau de prélèvements (44 % du PIB) est resté l'un des plus lourds d'Europe, quand les gouvernements ont privatisé à tout va et quand le budget a reçu des "soultes" de France Télécom et d'EDF en échange de payer, demain, les retraites de leurs salariés (c'est ce qui porte la vraie dette à 2 000 milliards d'euros, selon M. Breton).

Ce gros Etat a-t-il au moins obtenu les fruits de ses dépenses ? Le déficit sert, en bonne logique keynésienne, à relancer la croissance quand celle-ci trébuche. Mais plus rien de tel. Faute de munitions, l'Etat a renoncé à cette ambition du réglage fin (fine tuning) de la conjoncture en 1982-1983, raconte Alexandre Siné, agrégé d'économie (L'Ordre budgétaire, à paraître en janvier chez Economica). Car l'autre grande caractéristique de la période est la fossilisation des dépenses. Il ne reste plus que 8 % des crédits pour l'investissement, la préparation de l'avenir. Les choix passés, le service de la dette et les salaires des agents ont pompé progressivement l'essentiel des crédits et les gouvernements se sont privés de marge de manoeuvre. De gauche comme de droite, ils sont condamnés à l'impuissance et à la gesticulation. La politique devient faux-semblant : Jean-Pierre Raffarin coupe les crédits des associations de quartier, Dominique de Villepin les rétablit, etc. L'Etat a tué le service public.

Comme la France ne peut ni répudier sa dette, comme l'Argentine, ni retomber dans l'inflation — Jean-Claude Trichet l'interdirait —, ni sortir de l'euro — paupérisation garantie ! —, il ne reste pour s'en sortir que vendre les actifs non stratégiques, augmenter la croissance et abaisser les dépenses, a expliqué Thierry Breton. Mais l'examen du détail n'est pas réjouissant.

Les bijoux de famille qu'il reste ne valent pas plus que 200 milliards d'euros, de quoi faire vivre quelques gouvernements mais pas de quoi régler la dette. Mauvaise piste. Augmenter la croissance ? C'est un rêve qui devrait rester rêve, hélas ! On voit le chemin (immense effort de recherche-développement, réformes structurelles hardies, politique courageuse de gains de productivité, immigration...), mais on ne voit pas, pour l'instant, l'homme ou la femme politique français qui osera s'y lancer.

Reste au bout du compte à augmenter les impôts et/ou à abaisser les dépenses. Solution choisie par Angela Merkel pour l'Allemagne qui va rehausser de 3 points la TVA. Comme certains impôts (sur les sociétés ou sur le capital) font l'objet d'une concurrence nouvelle parmi les Vingt-Cinq, la France aura plus de mal dans cette voie étroite.

D'où l'indispensable, l'urgente réforme de l'Etat. Soit, choix libéral, en diminuant son périmètre, limitant donc les services rendus aux usagers. Soit en diminuant le nombre de fonctionnaires et exigeant plus d'eux. C'est le vrai choix social-démocrate n'en déplaise aux syndicats. Courageux, le gouvernement auquel appartient M. Breton a, lui, renoncé à choisir, préférant augmenter la dette

Par Charles Hubin - Publié dans : Economie
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Jeudi 1 décembre 2005

Rappelez vous les insultes à répétition à l'encontre d'Ariel Sharon, les jugements ignorants, les caricatures ..

Aujourd'hui Ariel Sharon est perçu quasi-unaniment comme un homme d'Etat, un leader hors-norme et visionnaire et l'un des principaux espoirs de la paix. Encore une démonstration, s'il en fallait, de l'inanité des media publics en France (et assimilés).

«Mon action au sein du parti est arrivé à son terme. J'ai décidé de soutenir Ariel Sharon qui est le seul à pouvoir mener une coalition pour la paix», a déclaré le leader travailliste après avoir déclaré qu'il quittait son parti pour soutenir le nouveau parti du Premier ministre sortant. 

Shimon Peres, un des dirigeants historiques du Parti travailliste israélien, a annoncé mercredi qu'il quittait sa formation et apportait son soutien public à Kadima, le nouveau parti du Premier ministre sortant Ariel Sharon qui a le vent en poupe à quatre mois des législatives.

Cette annonce, bien qu'attendue depuis plusieurs jours, n'en constitue pas moins un fait rare dans la vie politique israélienne. En 1977, le célèbre général borgne Moshé Dayan, un travailliste, avait rejoint le gouvernement du Likoud de Menahem Begin dans la perspective d'un accord de paix avec l'Egypte. 

«L'homme le mieux à même de parvenir à la paix est Ariel Sharon», a-t-il dit, «j'ai eu des entretiens avec lui et je suis convaincu qu'il est déterminé à poursuivre le processus de paix et à le démarrer immédiatement après les élections» législatives prévues pour le 28 mars.

Selon lui, M. Sharon «est attentif à des idées novatrices pour parvenir à la paix et à la sécurité. J'ai donc décidé de soutenir son élection et de coopérer avec lui pour parvenir à ces objectifs»

Par Charles Hubin - Publié dans : Affaires étrangères
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Mardi 29 novembre 2005

Lors du Forum européen des marchés de taux hier, le ministre de l'Economie a révélé que la dette publique de la France se montait à 2.000 milliards d'euros, contre 1.100 milliards précédemment.

En réalité tout dépend du système comptable que l'on retient, soit le référentiel français, soit les nouvelles normes comptables (IAS). Avec les IAS, toutes les charges et notamment les engagements hors bilan doivent être comptabilisés. Ainsi, les engagements de retraites estimés à 900 milliards d'euros, selon Le Figaro, devraient rentrer dans la comptabilisation de la charge de la dette, la faisant passer de 66% à 120% du PIB. Les économistes sont loin d'être unanime sur la nécessité de comptabiliser les charges de retraite au sein de la dette publique, il n'en reste pas moins que celles-ci devront bien être payées un jour.

Lors de sa déclaration, Thierry Breton a souhaité que "les français s'approprient cette dette pour comprendre la nécessité de réagir au plus vite". Avec cette déclaration le ministre de l'Economie a voulu à la fois préparer le terrain au futur rapport Pébereau et justifier sa politique de privatisation.

Par Charles Hubin - Publié dans : Economie
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Lundi 28 novembre 2005

Après la mort par électrocution de deux adolescents de Clichy-sous-Bois le 27 octobre, il était parfaitement normal et prévisible que la ville de Clichy, et peut-être quelques villes alentour, connaissent deux ou trois nuits de destruction.

 

 

Le 29 octobre, il est devenu clair que le mouvement serait plus organisé cette fois-là qu’à l’accoutumée. Une manifestation fut organisée pour les caméras, avec plusieurs centaines de personnes portant le même tee-shirt, imprimé pour l’occasion, et posant remarquablement devant les objectifs dans des attitudes manifestement préparées. Il était apparent que, cette fois-ci, la manipulation de l’émotion serait poussée plus loin que d’habitude – et qu’on pouvait donc s’attendre à des violences plus durables.

Il y a à cela une raison bien simple. D’une part, les trafiquants n’aiment pas, mais pas du tout, Nicolas Sarkozy, qui a renforcé la présence policière dans les quartiers qu’ils considèrent comme leur territoire. De mémoire de crapule, on n’avait jamais vu pire empêcheur de dealer et d’intimider en rond, que l’actuel ministre de l’Intérieur de la France. D’autre part, ils savent – comme tout le monde en France – que le ministre n’est pas exceptionnellement bien vu du Premier ministre Villepin, qui voit en lui un rival à ses ambitions présidentielles, ni du Président Chirac, pour des raisons que la Ména a déjà eu l’occasion d’analyser.

 

 

Pour les trafiquants, la mort des malheureux adolescents était l’occasion d’affaiblir Sarkozy grâce à quelques nuits chaudes, et, avec de la chance, de profiter de la rivalité entre Villepin et Sarko pour pousser le premier à virer le second. De cette manière, Villepin aurait la peau de Sarko et les truands obtiendraient un retrait de la police de leur territoire : un gentlemen’s agreement, en quelque sorte, dans lequel chacun trouverait son intérêt. Au cas où les choses n’auraient pas été assez claires, les trafiquants firent répandre dans la racaille le mot d’ordre « on continue jusqu’à ce que Sarkozy démissionne ».

Raisonnements de fripouilles, qui montrent bien que les chefs des voyous ne comprennent rien au sens de l’Etat du Premier ministre ? Au contraire ! La Ména est en mesure de vous démontrer aujourd’hui que le calcul politique des mafias des banlieues a été, au cours de la semaine du 30 octobre au 6 novembre, à deux doigts de réussir. Voilà quelles en furent les principales étapes :

Dès les premières nuits de violence, l’idée de profiter de la situation pour dénoncer l’échec de Sarkozy s’est répandue dans la Chiraquie ; plus vite que la flamme d’un cocktail Molotov dans un bus scolaire. Sur France Télévisions, un entretien de Sarkozy avec une habitante d’Argenteuil, le 25 octobre, au cours duquel la dame avait demandé au ministre de "débarrasser la cité de la racaille", le ministre lui ayant répondu en reprenant le même terme, fut dûment caviardé. Chirac-Télévisions fit disparaître la dame, ne laissant plus que l’image de Sarko prononçant le mot « racaille ». Puis, cette image fut passée en boucle, généralement accompagnée de commentaires graves des journalistes sur la « provocation » et la « responsabilité » du ministre. Pour les truands et les voyous le message était clair : la télévision nationale lâche Sarkozy, le gouvernement suivra bientôt si vous continuez, par vos destructions, à prouver que le ministre de l’Intérieur à échoué. Et pour que le message soit encore plus scintillant, un obscur sous-ministre, M. Azouz Begag, fut chargé d’attaquer publiquement Sarkozy de l’intérieur même du gouvernement. Le pauvre Begag obtint grâce à cela quelques jours de gloire, avant de retomber aussi vite fait dans l’oubli.

En même temps, Villepin envoyait des messages de conciliation indirects, mais très clairs, à l’intention des trafiquants. En recevant le 1er novembre les familles des adolescents électrocutés, il se montra plus que compréhensif envers l’idée que « la police faisait de la provocation » et qu’il fallait donc la retirer des quartiers si l’on voulait revenir au calme.

Le lendemain, mercredi 2 novembre, en marge d’une vaste réunion interministérielle à Matignon, Villepin a un entretien en petit comité avec Sarko et un nombre restreint de conseillers. Le Premier ministre affirme que les « Robocop » des quartiers « jouent des mécaniques et sont responsables de la détérioration de la situation ». Il se déclare donc prêt à retirer les CRS des quartiers sensibles. Sarkozy, évidemment, proteste vigoureusement. Pour la première fois, sans prononcer le mot, il fait allusion à sa démission possible. Et le même jour, il annonce à la presse, sans dire que l’idée qu’il critique est celle du Premier ministre : « On pourrait retirer la police des quartiers. Ce serait le calme, mais ce serait le calme des bandes et des imams ».

La coalition d’intérêts entre la Chiraquie et les mafias des banlieues contre Sarkozy s’est délitée dans les quatre jours qui ont suivi (3-6 novembre), grâce à la combinaison de plusieurs mécanismes démocratiques, qui ont convaincu Villepin qu’il aurait plus à perdre qu’à gagner à choisir les bandes contre son ministre de l’Intérieur. Le 3, les élus locaux des quartiers concernés sont reçus par Villepin. Il leur annonce qu’il veut « nouer un dialogue » avec les populations – et, à sa grande surprise –, est extrêmement mal reçu. Manifestement, ceux qui connaissent les populations locales, et qui comptent sur leurs voix pour leur réélection, ne souhaitent pas du tout que le gouvernement joue l’apaisement.

Au cours du week-end, les responsables de l’UMP, le parti de Sarkozy et de Villepin, transmettent au Premier ministre les milliers de messages qu’ils reçoivent du terrain. Le ton est, presque unanimement, le même : le peuple demande de la fermeté et ne pardonnerait pas au gouvernement de se montrer faible. Des sondages confidentiels demandés d’urgence par Matignon donnent le même résultat. Un résultat qui semble surprendre le Premier ministre : la demande de fermeté est exactement aussi forte dans les quartiers que partout ailleurs. Ce n’est pas étonnant en soi, personne n’aime avoir sa vie menacée en permanence par des sauvages et son quartier contrôlé par des trafiquants. Sarkozy le sait, qui va régulièrement dans les quartiers et y entend les plaintes des habitants terrorisés. Mais Villepin, coupé du monde, tombe des nues quand il apprend que les habitants des quartiers, eux aussi, lui demandent d’être ferme.

Le dimanche 6 novembre, la partie est finie et Sarkozy a gagné. Lors du conseil de sécurité intérieure présidé par le Président de la République, il est acté que le gouvernement donnera la priorité au retour à l’ordre, que la police restera dans les quartiers… et donc, même si cela n’est pas évoqué, que Sarkozy restera au gouvernement. Chirac, dont la santé ne paraît pas ce jour-là très brillante, ne fait pas durer le Conseil et n’entre pas dans le détail des mesures. Celles-ci sont précisées et annoncées par Villepin le lendemain. Les trafiquants comprennent qu’ils ont perdu. Les violences commencent à décroître. La France revient à son existence normale. Elle espère seulement que la prochaine tentative de la Chiraquie pour abattre Sarkozy n’aura pas, pour victimes collatérales, 9’000 voitures, 120 commerces, 35 écoles, une synagogue et une église…

Par Charles Hubin - Publié dans : Intégration et laïcité
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