Publicité

Lundi 28 novembre 2005

Au début des années 1990, la Suède connaît les mêmes problèmes que les autres pays, raconte Stéphane Boujnah (L'Inoxydable modèle suédois, Les Cahiers, En temps réel, décembre 2002). Les grands fleurons industriels (Volvo, Saab, Pharmacia, Stora) passent dans des mains étrangères. Les PME souffrent. Le chômage s'accroît brutalement de 2 % à 10%. L'efficacité de l'école et de la santé se dégrade, le travail au noir se développe, les inégalités croissent, la fuite des cerveaux inquiète. Le Parti social-démocrate voit menacée sa suprématie politique, vieille de soixante ans.

 

Le gouvernement engage alors une série de vastes réformes. L'administration est complètement repensée autour de 13 ministères et 300 agences. Le capital de ces dernières est soit public soit mixte, comme pour La Poste ou les télécoms. Certaines fonctions sont entièrement privatisées. Les ministères sont vidés de leurs effectifs et réduits aux hautes fonctions d'arbitrage politique. Parallèlement, le gouvernement décide d'élever les crédits de la recherche-développement à plus de 4 % du PIB (la moyenne de l'Union européenne est 2,5 %) et de couvrir le pays d'un réseau large bande. Il crée des écoles privées et donne le choix aux parents. Le nombre de places à l'université passe de 200 000 à 300 000. Des petites cliniques privées sont autorisées. Une retraite complémentaire par capitalisation est introduite et les pensions sont liées aux performances économiques du pays.

Par Charles Hubin - Publié dans : Economie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 28 novembre 2005

Alain Finkielkraut a abordé sans faux semblants des dossiers sensibles, comme celui de la faillite de l’école. D’une part, soutient-il, le système éducatif a démissionné de sa tâche de transmission des valeurs de la République, à commencer par l’enseignement du respect. D’autre part, le rôle de l’école a été détourné de sa vocation première, qui est l’instruction ; aujourd’hui on attend d’elle qu’elle soit garante de débouchés professionnels, ce qu’elle ne peut être en aucun cas.

 

L’école, dit Finkelkraut, n’avait pas pour but d’être « agréable », mais de diffuser un savoir, d’enseigner un langage. « Au sein d’une démocratie, il est difficile de tolérer des espaces non démocratiques. Tout doit être fait démocratiquement dans une démocratie, mais l’école ne peut pas être comme ça. (…) L’asymétrie est flagrante : entre celui qui sait et celui qui ne sait pas, entre celui qui amène un monde avec lui et celui qui est nouveau dans ce monde. ». L’asymétrie entre le détenteur du savoir, l’enseignant, et le récepteur de ce savoir, l’élève, était logique. Aujourd’hui, l’école républicaine a été remplacée par une communauté éducative horizontale plutôt que verticale. On a voulu insérer au sein de l’école la démocratie qui s’y trouvait à l’extérieur, et le résultat est que les maîtres ne peuvent plus enseigner leur programme scolaire.

 

Par Charles Hubin - Publié dans : Intégration et laïcité
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 25 novembre 2005

Une information à contre-courant, très utile de le rappeler, les fonds d'investissement sont créateurs nets d'emplois dans les entreprises où ils investissent. Cela met en perspective les insultes très médiatisées d'un ministre Allemand (qui les avaient qualifiés de parasites) :

 

Les entreprises financés par le capital-investissement européen ont crée un millions d'emplois nets entre 2000 et 2004, soit un rythme annuel moyen de 5.4%, 8 fois supérieur au taux de croissance global de l'emploi dans l'Europe des 25 (0.7%), selon une étude réalisée par l'université de Munich pour le compte de l'Association Européenne de Capital-risque (EVCA). Les jeunes pousses financées par du capital-risque ont crée 420 000 emplois nets pendant cette période, et les entreprises plus matures en LBO ou ayant un investisseur financier minoritaire à leur capital, ont été à l'origine de 630 000 nouveaux emplois. Au total, ces entreprises employaient près de 6 millions de personnes en Europe en 2004, soit 3% de la population active.

Par Charles Hubin - Publié dans : Economie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 24 novembre 2005

Enfin un papier sur ce fait "divers", dont j'ai parlé il y a quelques jours.

Le Figaro ce matin :

Dimanche 13 novembre, Sherazade Belayni, 18 ans, a été aspergée d'essence et brûlée vive par un jeune garçon dont elle avait refusé la demande en mariage. «Des témoins ont reconnu les deux agresseurs», raconte Abdel, 25 ans, le frère de la victime.


Parmi eux, un garçon «pakistanais» qui travaillait, comme Sherazade, dans un magasin du centre de Neuilly-sur-Marne (Seine-saint-Denis) où réside cette famille marocaine. «Il était venu à la maison demander sa main. Mais ni Sherazade ni la famille n'était d'accord», poursuit Abdel. La rencontre avait tourné à l'altercation. Le jour du drame, Sherazade se trouve à quelques centaines de mètres de chez elle lorsqu'elle est attaquée. Ses parents, comme tous les voisins, l'entendent hurler au secours et se précipitent dehors. Tandis que dans sa fuite l'agresseur a un accident et abandonne son véhicule.

Depuis Sherazade se trouve dans le coma, entre la vie et la mort, brûlée à 60%. Sa famille et tous ses amis du lycée professionnel où elle préparait son bac s'étaient d'abord tus. Ils ont finalement décidé d'organiser une marche silencieuse pour demander justice le 27 novembre à 11 heures à Neuilly-sur-Marne.

Par Charles Hubin - Publié dans : Intégration et laïcité
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 22 novembre 2005

En 2004, 167 000 personnes travaillaient à la SNCF (et 229 000 au groupe SNCF). Cela veut dire que le ratio voyageurs transportés/agent est de 4 800 voy/agent. Par rapport aux autres pays, la différence est énorme car, en Allemagne, ce ratio est de 9 000 voy/agent, aux Pays-Bas de 13 000 voy/agent et au Japon de 50 800 voy/agent. Concernant les lignes régionales en France, la situation est encore plus dramatique car le nombre de voyageurs est en baisse continue. Les déplacements interrégionaux en train ne représentent aujourd’hui que 0,5 % des déplacements et le ratio est d’environ 1 cheminot pour 6 voyageurs !

En appliquant à la SNCF les ratios habituels, il apparaît un sureffectif de 90 000 emplois. Par ailleurs, les conditions de travail sont très favorables aux cheminots puisque le salaire moyen brut mensuel de 2 660 euros est nettement supérieur au salaire brut médian en France (2 000 euros environ en 2003). La différence entre le salaire moyen/an entre un agent de la SNCF et le salaire moyen français/an est donc d’environ 7 200 euros par an.

Pour financer tout cela, il faut pas mal de subventions publiques :

La SNCF affirme afficher un bénéfice net de 323 millions d’euros en 2004, mais les bénéfices publiés s‘expliquent par un résultat exceptionnel de 196 millions d’euros et surtout une bonne dizaine de milliards d’euros de… subventions publiques ! Pire : les dettes à long terme de 18 milliards d’euros devraient être majorées de plus de 8 milliards d’euros de dettes transférées au RFF (Réseau Ferré de France). Au total, il s’agit donc de 26 Mds d’euros de dettes (au 31 décembre 2004). Et ce n’est pas fini. A cela, il faudrait ajouter les charges de retraite. C’est-à-dire, environ 70 Mds d’euros non provisionnés !

La prochaine fois que vous achetez un billet de train, vous pouvez donc facilement multiplier le prix du billet par trois pour avoir une idée plus précise de ce que vous aurez réellement payé pour votre trajet ..

Pour ceux que ça amuse, quelques faits sur les salaires des agents, sans aucune volonté de polémique :

Salaire : de 2 200 euros net en début de carrière (2 smics) a 3 200 € (4 880 € net conducteur TGV) en fin de carrière

Plus :
- prime de fin d'année,
- prime de travail,
- prime de parcours,
- prime de TGV,
- prime de charbon,
- gratification de vacances,
- gratification annuelle d'exploitation,
- indemnités pour heures supplémentaires,
- allocation de déplacements (non imposable)

Soit, pour un conducteur TGV de 40 ans le salaire net annuel toutes primes et avantages confondus s'élève a ~50 000 € (source vie du rail 2002)

Retraite à 50 ans, soins gratuits (sur leur temps de travail) auprès d'un des 15.900 établissements de soins agrées ou ils sont couverts à 100 %

Pour terminer : la SNCF représente 1% des emplois en France mais ses salariés cumulent 20% des jours de grève effectués en France

La SNCF, c'est possible ..

Par Charles Hubin - Publié dans : Economie
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

  • : Réflexions et infos sur la politique étrangère et l'économie
  • politiques
  • : Actualité
  • : Après plusieurs années d'archivage d'articles intéressants, de références et d'ouvrages, j'aimerais en faire profiter plus de monde. Une source d'information large et sérieuse sur la géopolitique et l'économie.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus