A l'ombre du drapeau américain, le représentant du régime policier du Caire a osé proposé sa médiation pour un règlement pacifique de ce qu'il appelle « la question du Darfour », c'est-à-dire les massacres programmés de centaines de milliers de Soudanais chrétiens et animistes par les milices para-militaires soutenues par le régime islamique militaire et sanguinaire de Khartoum (2).
Rien de plus absurde !
Il serait utile de rappeler ici que cela fait plus d'une décennie que les islamistes soudanais se livrent à une lutte sans merci contre la majorité minorisée des non-musulmans et cela dans le seul but d'étendre son influence spatiale et de répandre la civilisation religieuse du mépris et de l'intolérance.
En 1999, il y avait plus de journalistes étrangers en Israël et dans les territoires disputés que sur la totalité du continent africain. Le monde entier avait les yeux fixés sur l'Eglise de la Nativité où on aurait aimer accuser l'Armée de Défense d'Israël de pénétrer dans l'église dans la poursuite des hommes d'Arafat, les assassins du ministre R. Zeevi armés jusqu'aux dents et soutenus par la Moukata'a.
Pendant ce temps, des milliers de Soudanais chrétiens et animistes du Mont Nouba tombait comme des mouches tous les jours dans l'indifférence totale de la communauté internationale préoccupée alors par d'autres questions apparemment plus rentables.
Malgré les appels sans cesse des représentations coptes égyptiennes au Gouvernement égyptien, appels au secours des victimes soudanaises, le régime policier du Caire a eu recours à la censure et la désinformation par le biais de son ministère de la propagande dirigé par le sinistre Safwat Sharif.
Il n'est secret pour personne que le régime de Moubarak a toujours eu des relations étroites avec Hassan Al-Turabi qui a renversé le président élu Al-Sadek Al-Mahdi.
L'Egypte et l'Ethiopie qui se disputent l'eau du Nil ont respectivement soutenu les islamistes de Khartoum et les non-musulmans du Sud. L'arrivée des islamistes au pouvoir était une opportunité à saisir pour Le Caire qui voyait d'un bon oeil la transformation de ses rapports de force dans la Corne africaine.
En ce sens, le soutien inconditionnel qu'accorde Le Caire au régime criminel de l'actuel maître de Khartoum Omar El-Bashir n'a rien d'étonnant.
Mais le réveil de l'ONU l'année dernière et les pressions et les menaces américaines ne peuvent laisser les dirigeants du Caire indifférents d'autant plus que le régime illégitime craint les retombées des déclarations américaines sur la condition des Droits de l'homme en Egypte. L'une de ces dernières déclarations faite par le Président Bush lors de son discours sur l'état de l'Union faisait allusion à l'absence de démocratie en Egypte en estimant que l'Egypte qui avait ouvert il y a vingt-cinq ans la voie de la paix au Proche-Orient pourrait aujourd'hui montrer la voie de la démocratie.
Le quotidien gouvernemental Al-Ahram ignore complètement la réthorique américaine qu'il juge « menaçante pour la stabilité du pays et l'unité de la nation » tandis que le quotidien numéro 2, Al-Wafd (3), salue « les représentants des partis égyptiens (4) qui participent au dialogue national et qui ont rejetté les tentatives étrangères d'ingérence dans les affaires égyptiennes sous prétexte de défendre la démocratie. »
Même l'opposition n'a pas le droit de s'opposer au régime en place et le seul parti d'opposition autorisé à se créer depuis vingt ans, le parti libéral al-Ghad (« Demain ») est soupçonné de tous les maux. Son président est actuellement derrière les barreaux pour une obscure affaire de « falsification de documents officiels ».
Ce qu'il faut savoir en une phrase, c'est que le régime de Moubarak qui cautionne les crimes contre l'humanité orchestrés par Khartoum ne peut jouer aucun rôle positif dans le dossier soudanais.
Il devrait se contenter d'améliorer la condition des chrétiens d'Egtypte, à commencer par punir les responsables du massacre de Kosheh et des officiers qui les ont cautionné.
© Masri Feki, 17 février 2005
(1) Il s'agit de la première rencontre entre la nouvelle secrétaire d'Etat américain Condoleza Rice et le ministre des affaires étrangères égyptien Ahmed Aboul-Reit.
(2) Cela sans compter que près de 1,8 million de personnes ont été déplacées dont la majorité est incapable de subvenir à ses besoins. Plus de 200 000 sont réfugiés au Tchad.
(3) Al-Wafd du 16 février 2005.
(4) Réunis au siège de l'Assemblée Consultative (Magliss Al-Shura), le 15 février 2005.


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