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Affaires étrangères

Mercredi 9 mars 2005
 A l'heure où les communautés chrétiennes d'Egypte subissent une persécution ouvertement dénoncée par la communauté internationale et les pires calamités infligées par le régime de Hosni Moubarak, la secrétaire d'Etat américaine a accueilli hier à Washington le ministre des affaires étrangères du colonel Moubarak (1).

A l'ombre du drapeau américain, le représentant du régime policier du Caire a osé proposé sa médiation pour un règlement pacifique de ce qu'il appelle « la question du Darfour », c'est-à-dire les massacres programmés de centaines de milliers de Soudanais chrétiens et animistes par les milices para-militaires soutenues par le régime islamique militaire et sanguinaire de Khartoum (2).

Rien de plus absurde !

Il serait utile de rappeler ici que cela fait plus d'une décennie que les islamistes soudanais se livrent à une lutte sans merci contre la majorité minorisée des non-musulmans et cela dans le seul but d'étendre son influence spatiale et de répandre la civilisation religieuse du mépris et de l'intolérance.

En 1999, il y avait plus de journalistes étrangers en Israël et dans les territoires disputés que sur la totalité du continent africain. Le monde entier avait les yeux fixés sur l'Eglise de la Nativité où on aurait aimer accuser l'Armée de Défense d'Israël de pénétrer dans l'église dans la poursuite des hommes d'Arafat, les assassins du ministre R. Zeevi armés jusqu'aux dents et soutenus par la Moukata'a.

Pendant ce temps, des milliers de Soudanais chrétiens et animistes du Mont Nouba tombait comme des mouches tous les jours dans l'indifférence totale de la communauté internationale préoccupée alors par d'autres questions apparemment plus rentables.

Malgré les appels sans cesse des représentations coptes égyptiennes au Gouvernement égyptien, appels au secours des victimes soudanaises, le régime policier du Caire a eu recours à la censure et la désinformation par le biais de son ministère de la propagande dirigé par le sinistre Safwat Sharif.

Il n'est secret pour personne que le régime de Moubarak a toujours eu des relations étroites avec Hassan Al-Turabi qui a renversé le président élu Al-Sadek Al-Mahdi.

L'Egypte et l'Ethiopie qui se disputent l'eau du Nil ont respectivement soutenu les islamistes de Khartoum et les non-musulmans du Sud. L'arrivée des islamistes au pouvoir était une opportunité à saisir pour Le Caire qui voyait d'un bon oeil la transformation de ses rapports de force dans la Corne africaine.

En ce sens, le soutien inconditionnel qu'accorde Le Caire au régime criminel de l'actuel maître de Khartoum Omar El-Bashir n'a rien d'étonnant.

Mais le réveil de l'ONU l'année dernière et les pressions et les menaces américaines ne peuvent laisser les dirigeants du Caire indifférents d'autant plus que le régime illégitime craint les retombées des déclarations américaines sur la condition des Droits de l'homme en Egypte. L'une de ces dernières déclarations faite par le Président Bush lors de son discours sur l'état de l'Union faisait allusion à l'absence de démocratie en Egypte en estimant que l'Egypte qui avait ouvert il y a vingt-cinq ans la voie de la paix au Proche-Orient pourrait aujourd'hui montrer la voie de la démocratie.

Le quotidien gouvernemental Al-Ahram ignore complètement la réthorique américaine qu'il juge « menaçante pour la stabilité du pays et l'unité de la nation » tandis que le quotidien numéro 2, Al-Wafd (3), salue « les représentants des partis égyptiens (4) qui participent au dialogue national et qui ont rejetté les tentatives étrangères d'ingérence dans les affaires égyptiennes sous prétexte de défendre la démocratie. »

Même l'opposition n'a pas le droit de s'opposer au régime en place et le seul parti d'opposition autorisé à se créer depuis vingt ans, le parti libéral al-Ghad (« Demain ») est soupçonné de tous les maux. Son président est actuellement derrière les barreaux pour une obscure affaire de « falsification de documents officiels ».

Ce qu'il faut savoir en une phrase, c'est que le régime de Moubarak qui cautionne les crimes contre l'humanité orchestrés par Khartoum ne peut jouer aucun rôle positif dans le dossier soudanais.

Il devrait se contenter d'améliorer la condition des chrétiens d'Egtypte, à commencer par punir les responsables du massacre de Kosheh et des officiers qui les ont cautionné.

© Masri Feki, 17 février 2005

(1) Il s'agit de la première rencontre entre la nouvelle secrétaire d'Etat américain Condoleza Rice et le ministre des affaires étrangères égyptien Ahmed Aboul-Reit.

(2) Cela sans compter que près de 1,8 million de personnes ont été déplacées dont la majorité est incapable de subvenir à ses besoins. Plus de 200 000 sont réfugiés au Tchad.

(3) Al-Wafd du 16 février 2005.
(4) Réunis au siège de l'Assemblée Consultative (Magliss Al-Shura), le 15 février 2005.

Par Charles Hubin
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Mercredi 9 mars 2005
Mon opinion favorable sur l'entrée de la Turquie en Europe est un peu mitigée par ce type d'articles de plus en plus fréquent.
 
L'homme malade de l'Europe – à nouveau

   The Wall Street Journal ANKARA, Turquie - "Il y a plusieurs années, j'ai visité une exposition à Istanbul. Elle portait sur l'art local de la région où s'était produit le dernier coup d'Etat militaire (1980). Mais l'artiste semblait davantage préoccupé par les injustices du capitalisme mondial que par le destin de la démocratie turque. En réalité, appeler ces œuvres des caricatures gauchistes – certaines représentaient des gros capitalistes avec des chapeaux de l'Oncle Sam et des travailleurs amaigris – serait un euphémisme. Comme a dit l'un des astucieux critiques du coin (je le cite de mémoire) : "cela montre que les artistes turcs étaient volontaires pour s'abaisser eux-mêmes d'une façon telle que les artistes soviétiques refusaient de le faire, même à l'apogée de l'oppression stalinienne".

   Cette exposition m'est venue à l'esprit au milieu de tous ces récents grincements de dents aux Etats-Unis à propos de la question : "qui a perdu la Turquie ?". Parce que cela montre qu'une relation spéciale vieille de 50 ans, entre des Alliés de l'Otan de longue date qui ont combattu ensemble l'expansionnisme soviétique depuis la Corée, a du longtemps combattre l'hostilité idéologique et la décadence intellectuelle de l'élite istanbulie. Et aux élections de 2002, les principaux partis de plus en plus corrompus, qui avaient défendu les liens turco-américains, se sont auto-détruits, laissant un vide rempli par le subtil mais insidieux islamisme du Parti de la Justice et du Développement. C'est cette combinaison de vieux gauchisme et de nouvel islamisme – bien plus que n'importe quelle brouille à propos du refus de la Turquie d'être de notre côté dans la guerre en Irak – qui explique l'effondrement de nos relations.

   Et quel effondrement. Au cours d'une brève visite à Ankara ce mois avec le sous-secrétaire à la Défense, Dough Feith, j'ai rencontré une atmosphère empoisonnée – dans laquelle à peu près chaque politicien et média (laïque et religieux) prêchait une combinaison extrémiste de haine de l'Amérique et des juifs qui (comme les artistes turcs) qui allait volontiers bien plus loin que ce que l'on peut trouver dans les médias contrôlés par les Etats arabes. Si j'hésite à comparer cela à du nazisme, c'est uniquement parce que Goebbels en rejetterait la plupart qu'il jugerait trop grossier.

   Regardons le journal islamiste "Yeni Safak", le préféré du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Un article du 9 janvier explique que les forces américaines jetaient tant de corps irakiens dans l'Euphrate que les mollahs avaient émis une fatwa interdisant aux habitants de manger du poison. "Yeni Safak" a prétendu également plusieurs fois que les forces américaines utilisaient des armes chimiques à Falloujah. L'un des éditorialistes a écrit que les soldats américains violaient les femmes et les enfants et laissaient les chiens dévorer leurs corps dans les rues. Parmi les "scoops" du journal, les informations selon lesquelles 1000 soldats israéliens étaient déployés aux côtés des forces américaines en Irak, et selon lesquelles les forces américaines moissonnaient les entrailles des Irakiens morts afin de les vendre sur le "marché américain des organes".

   Ce n'est guère mieux dans la presse laïque. Le grand quotidien "Hurriyet" a accusé les Israéliens d'envoyer des escadrons pour assassiner le personnel turc de sécurité à Mossoul, et les Etats-Unis de commencer l'occupation de l'Indonésie, sous le masque de l'aide humanitaire. Lors d'un Shabbath à l'automne dernier, un éditorialiste a accusé l'ambassadeur américain en Turquie, Eric Edelman, de laisser ses "origines ethniques" – devinez quoi, il est juif – déterminer son comportement. M.Edelman est en effet l'un des rares fonctionnaires des services des Affaires étrangères qui prend au sérieux son obligation de défendre l'image de l'Amérique et ses intérêts à l'étranger. Le climat intellectuel dans lequel il évolue est devenu tellement fou qu'il s'est senti contraint d'organiser une conférence avec des scientifiques du "US Geological Survey" afin d'expliquer que des tests nucléaires américains secrets n'étaient pas la cause du récent tsunami.

   Jamais dans un pays ostensiblement ami, je n'ai eu la telle sensation que l'équipe de l'ambassade était assiégée. Le bureau de M. Erdogan a récemment interdit aux responsables turcs d'assister à une réception à la maison de l'ambassadeur en l'honneur du Patriarche "oecuménique" de l'Eglise orthodoxe, qui réside à Istanbul. Pourquoi ? Parce que "œcuménique" signifie universel, ce qui participe, d'une manière ou d'une autre, à un complot qui vise à faire plier la Turquie.

   Peut-être que l'histoire anti-américaine la plus bizarre dans la capitale turque est la théorie de la "huitième planète", selon laquelle non seulement les Etats-Unis sont au courant d'un impact imminent avec un astéroïde, mais aussi que nous savons qu'il va toucher l'Amérique du Nord. D'où notre volonté de coloniser le Moyen-Orient.

   Tout cela semble loufoque, je sais. Mais de telles histoires sont racontées le plus sérieusement du monde dans les dîners les plus importants d'Ankara. Leur trame commune, c'est que presque tout ce que fait les Etats-Unis dans le monde – même l'aide au tsunami – a des motivations malveillantes, impliquant en général que nous agissons comme muscle des juifs.

   Face à de telles calomnies, les politiciens turcs sont restés complètement silencieux. En fait, les parlementaires turcs eux-mêmes ont accusé les Etats-Unis de "génocide" en Irak, alors que M. Erdogan (que nous espérions un moment être un exemple de démocratie dans le monde musulman) a fait partie des rares dirigeants du monde à mettre en cause la légitimité des élections irakiennes. Lorsqu'on leur pose la question, les politiques turcs affirment qu'ils ne peuvent risquer d'aller dans un sens contraire à "l'opinion publique".

   Tout cela fait de M. Erdogan un hypocrite de première qui proteste auprès de Condoleezza Rice à propos du portrait peu flatteur qui est fait de la Turquie dans un épisode de la série télé "West Wing". L'épisode décrit fidèlement la Turquie comme conquise par un gouvernement populiste et rétrograde qui menace le droit des femmes (ce qui me semble à peu près juste).

   Autrefois, la Turquie aurait eu un parti d'opposition suffisamment fort pour ramener le gouvernement vers plus de bon sens. Mais la seule opposition aujourd'hui est un moribond Parti républicain du peuple, ou CHP, autrefois le parti d'Atatürk. Lors d'un congrès récent du parti, son dirigeant a accusé son principal rival de participer à un complot de la CIA contre lui. Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas quelques responsables relativement pro-américains dans l'actuel gouvernement et l'administration d'Etat. Mais ils ont peur de dire quoi que ce soit publiquement. En privé, ils pleurnichent sans fin sur des choses triviales que les Etats-Unis "auraient pu faire différemment".

   Le fait que le président Bush ait été parmi les premiers dirigeants au monde à reconnaître le Premier ministre Erdogan, alors que le système légal turc se demandait encore s'il était suffisamment laïque pour le poste, est complètement oublié. Les décennies d'assistance militaire américaine également. Oubliés aussi, les années d'efforts américains pour sécuriser le tracé du pipeline qui achemine le pétrole de la Caspienne au port turc de Ceyhan. Oublié le fait que l'administration américaine continue de lutter contre les tentatives annuelles au Congrès de faire passer une résolution qui condamne la Turquie moderne pour le vieux génocide arménien. Oublié le lobbying permanent de l'Amérique en faveur de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne.

   Oubliée, par-dessus tout, l'aide de l'Amérique contre le PKK. Son dirigeant aujourd'hui emprisonné, Abdullah Ocalan, a été expulsé de Syrie en 1998 après que les Turcs aient brandi la menace d'une action militaire. Il est ensuite passé, comme une patate brûlante, entre les mains des gouvernements européens, qui refusaient de l'extrader parce que – mince ! – il risquait la peine de mort. Il a été finalement attrapé – avec l'aide du renseignement américain – alors qu'il s'abritait dans l'ambassade de Grèce à Nairobi. "Ils nous ont donné Ocalan. Qu'est ce qui pourrait être mieux que cela ?", a dit l'un de la poignée de Turcs pro-américains décomplexés que je connais encore.

   Je sais que M. Feith (un autre juif, la presse turque n'a pas hésité à en faire mention), suivi par Mme Rice, a demandé aux dirigeants turcs de faire face aux rhétoriques les plus dangereuses sur la relation turco-américaine. Rien ne montre pourtant qu'ils ont obtenu une réponse satisfaisante. Les dirigeants turcs doivent comprendre que "l'opinion publique" qu'ils citent est encore réversible. Mais après quelques années de situation périlleuse, qui sait ? Beaucoup de l'héritage d'Atatürk risque d'être perdu et il ne restera pas grand-chose non plus de la vieille grandeur ottomane. La Turquie pourrait facilement devenir un pays de seconde zone : à l'esprit étriqué, parano, marginal et – comment pourrait-il en aller autrement ? – inamical envers les Etats-Unis et qui ne sera pas bienvenu en Europe.

Robert L. Pollock

Par Charles Hubin
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Mercredi 9 mars 2005

Le commandant de "l'Armée de Mahomet" de Saddam Hussein déclare : « Nous avons reçu de l'argent et des armes d'Iran et de Syrie »
Par Memri TV

Voici quelques extraits des aveux télévisés de Muayed Al-Nasseri, commandant de l'"Armée de Mahomet". Cet entretien a été diffusé le 14 janvier 2005 par « Al-Fayhaa TV », chaîne irakienne basée aux Émirats arabes unis. Pour visionner le clip,
cliquer ici

Interviewer : Comment vous appelez-vous ? 

L'Armée de Mahomet a été créée par Saddam Hussein après la destitution du régime        Picture (Metafile)                                          
Muayed Al-Nasseri : Colonel Muayed Yassine Aziz Abd El-Razaq Al-Nasseri, commandant de l'Armée de Mahomet, une des factions de la résistance en Irak. L'Armée de Mahomet a été créée par Saddam Hussein après la destitution du régime, le 9 avril 2003. Yasser Al-Shabaoui a été placé à son commandement, jusqu'à sa capture en juillet 2003. Saad Hammad Hisham a pris la relève jusqu'en décembre 2003. Puis ce fut mon tour, de janvier 2004 à maintenant. L'Armée de Mahomet comprend quelque 800 combattants armés.

Interviewer : Quelles opérations avez-vous exécutées ? Combien en avez-vous menées ?
Muayed Al-Nasseri : Nous avons mené plusieurs opérations armées contre les forces de la coalition dans tous les districts. Ces opérations comprenaient le bombardement de leurs postes militaires, de leurs camps et de leurs bases, le combat contre ces forces et le placement d'explosifs sur l'itinéraire des patrouilles et de leurs convois.

Interviewer : Quelle est la nature de votre organisation ?
Muayed Al-Nasseri : C'est une organisation militaire armée, opérant selon la méthode du commandement non centralisé.
Interviewer : Comment l'Armée de Mahomet est-elle reliée au parti Baath ?
Muayed Al-Nasseri : L'Armée de Mahomet est indépendante au niveau militaire. Après la capture de Saddam Hussein en décembre 2003, l'armée de Mahomet n'a pas eu de relation avec le parti pendant quatre mois mais, après avril 2003, une réunion avec le parti a eu lieu, et nous oeuvrons actuellement en coordination.

En outre, Saddam Hussein a diffusé un communiqué par le biais du parti, à cette époque, enjoignant tous ses partisans et quiconque souhaitait entreprendre le djihad pour Allah à rejoindre l'Armée de Mahomet, car c'était l'armée du pouvoir.

Interviewer : Qui est à la tête du parti Baath en Irak ?
Muayed Al-Nasseri : Le chef est Izzat Ibrahim. Vient ensuite Fadhl Al-Mashhadani, responsable des organisations locales en Irak. Enfin, Mohammed Younis Al-Ahmed est responsable de l'organisation hors d'Irak. Il se trouve actuellement en Syrie.

Interviewer : Avez-vous été soutenus par les pays de la région ? 
                                       
        Picture (Metafile)        Certaines de mes unités, en particulier celles au Sud de l'Irak, reçoivent une assistance iranienne sous forme d'armes et d'équipement  Picture (Metafile)               
        Picture (Metafile)                              
Muayed Al-Nasseri : Oui, Monsieur (…) Plusieurs factions de la résistance reçoivent une assistance des pays voisins. Nous, à l'Armée de Mahomet, nous battons depuis presque deux ans maintenant, et une assistance est nécessaire. Cette assistance nous est venue des pays voisins, et principalement d'Iran. La vérité est que l'Iran a joué un rôle déterminant en soutenant l' "Armée de Mahomet" et plusieurs factions de la résistance. Certaines de mes unités, en particulier celles au Sud de l'Irak, reçoivent une assistance iranienne sous forme d'armes et d'équipement.

Je détiens des renseignements fiables sur la Résistance nationale islamique, une des factions de la résistance, dirigée par le colonel Assi Al-Hadithi. Il a envoyé en Iran, en avril ou mai, une délégation composée de membres de la faction, dont le général Halaf et le général Khdayyer. Il s'agissait de rencontrer les services de renseignements iraniens, certains leaders, et même Khamenei.

Interviewer : Vous voulez dire qu'ils ont rencontré Khamenei en personne ?
Muayed Al-Nasseri : Pour autant que je sache, ils l'ont rencontré personnellement, et ont reçu un million de dollars et deux voitures remplies d'armes. Ils ont encore aujourd'hui des relations privilégiées avec l'Iran. Ils reçoivent de l'argent, des véhicules, des armes et beaucoup d'autres choses. À ma connaissance, ils ont même obtenu des voitures piégées. 


        Picture (Metafile)        La coopération avec la Syrie a débuté en octobre 2003 (…) Plus tard, Saddam Hussein lui-même m'a autorisé à me rendre en Syrie  Picture (Metafile)               

La coopération avec la Syrie a débuté en octobre 2003, quand un officier des renseignements syriens m'a contacté. Saad Hammad Hisham, et plus tard Saddam Hussein lui-même, m'ont donné l'autorisation de me rendre en Syrie. Je suis donc parti. J'ai franchi la frontière illégalement. Je me suis ensuite rendu à Damas pour rencontrer le lieutenant-colonel "Abou Nadji", un officier des services secrets, grâce à un médiateur appelé "Abou Saoud". J'ai soulevé les questions qui préoccupaient Saddam Hussein et la direction. Il y en avait quatre : d'abord, la question des médias ; ensuite, celle du soutien politique dans le milieu des forums internationaux ; puis l'assistance sous forme d'armes et, finalement, l'assistance matérielle, soit en contractant une dette, soit en puisant dans les fonds irakiens gelés en Syrie. 

 
        Picture (Metafile)        "Les services de renseignement syriens sont entièrement coopératifs"    Picture (Metafile)               
        Picture (Metafile)                               
                                       
Le parti Baath socialiste arabe opère en Syrie en toute liberté. Il organise les membres du parti Baath hors d'Irak. Le gouvernement syrien est tout à fait au courant et les renseignements syriens sont entièrement coopératifs, tout comme le pari Baath en Syrie.

Quant au parti Bath, après avoir été mis en contact avec lui, il m'a organisé un rendez-vous avec un homme du nom de Fawzi Al-Raoui, membre de la direction nationale, un éminent personnage en Syrie. Le gouvernement syrien lui a permis de me rencontrer. Nous nous sommes vus deux fois. Je lui ai expliqué ce qu'était l'Armée de Mahomet, le type d'opérations que nous menions et beaucoup d'autres choses encore. Lors de notre deuxième entretien, il m'a confié que les responsables du gouvernement syrien étaient très satisfaits de notre premier rendez-vous. Il m'a informé que l'Armée de Mahomet recevrait une assistance matérielle sous forme de biens, accordée gracieusement ou à très bas prix, pour que nous les vendions en Irak dans le but de soutenir l'Armée de Mahomet. Les choses se sont déroulées de cette manière en raison de la situation actuelle où se trouve la Syrie, des pressions internationales et des accusations qui lui sont adressées de soutenir le terrorisme et la résistance irakienne.

J'ai oublié de dire que Fawzi Al-Raoui m'a raconté qu'il était fréquemment en contact avec plusieurs factions de la résistance. Il a mentionné Hareth Al-Dhari [leader de l'Association des oulémas sunnites irakiens], Mahdi Al-Sumaydaai, ainsi que d'autres factions.

Par Charles Hubin
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Mercredi 9 mars 2005
Les règles de base du journalisme au Moyen-Orient selon la star américaine de la presse, Tom Friedman
Par Thomas L. Friedman, New York Times

Tom Friedman, spécialiste du Moyen-orient, interlocuteur de tous les rois, chefs d'État ou de gouvernement de la région - c'est lui que le prince Abdallah d'Arabie Saoudite avait choisi pour annoncer son fameux plan -, a toujours la dent très critique à l'égard de la politique israélienne dès qu'elle ne lui convient pas. Il connaît remarquablement son monde. Ce billet est paru dans le « New York Times » du 13 janvier 2005. C'est drôle… et c'est juste.

RÈGLES DE BASE POUR LE JOURNALISME AU MOYEN-ORIENT
J'ai développé quelques règles de base concernant le journalisme au Moyen-Orient, après vingt-cinq ans de travail dans cette région :

Règle 1 – Ne construisez jamais vos articles concernant le Liban, Gaza ou l'Irak autour de l'affirmation d'un cessez-le-feu. Il sera toujours rompu au moment où votre article sera publié, le lendemain matin.

Règle 2 – Ne prenez jamais une concession [ ndlr : palestinienne] pour argent comptant, à moins qu'elle vienne de la bouche même de la personne supposée faire cette concession. Si j'avais reçu un centime chaque fois que quelqu'un reconnaissait Israël au nom de Yasser Arafat, je serais aujourd'hui un homme riche.

Règle 3 – Les Israéliens gagneront toujours, et les Palestiniens feront toujours en sorte qu'ils n'en profitent pas. Tout le reste n'est que verbiage.

Règle 4 – Au Moyen-Orient, si vous ne pouvez pas expliquer une chose par une théorie du complot, n'essayez pas de l'expliquer du tout – les gens, là-bas, ne vous croiront pas.

Règle 5 – Au Moyen-Orient, les extrémistes vont partout, et les modérés tendent simplement à s'en aller – jusqu'à ce que le champ soit complètement libre.

Règle 6 – La phrase la plus souvent utilisée par les modérés du Moyen-Orient est : " Nous étions sur le point de lever la tête devant les méchants quand vous, stupides Américains, avez stupidement agi. Si vous, stupides Américains, n'aviez pas fait cette stupide chose, nous aurions levé la tête, mais maintenant c'est trop tard. Tout est de votre faute, parce que vous êtes si stupides ".

Règle 7 – Dans la politique du Moyen-Orient, il y a rarement un juste milieu. Quant une partie est affaiblie, elle vous dira : " Comment puis-je faire un compromis ? ". Et à la minute où elle devient forte, elle vous dira : " Pourquoi devrais-je faire un compromis ? ".

Règle 8 – Au Moyen-Orient, ce que les gens vous disent en privé n'a aucune importance. Tout ce qui compte, c'est ce qu'ils défendront en public, en arabe, en hébreu, ou dans n'importe quelle autre langue locale. Tout ce qui est dit en anglais ne compte pas.

Par Charles Hubin
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Jeudi 10 mars 2005
Le mauvais calcul d'une dictature aux abois (info # 011702/5)
Par Michaël Béhé à Beyrouth
Thursday 17 February [15:38:00 GMT]    
© Metula News Agency

Aux abois...

Pauvre peuple libanais, qui, dans son désarroi, se raccroche à tous ceux qui semblent comprendre sa peine ! Comme à Jacques Chirac, le seul chef d'Etat occidental à avoir participé aux événements marquant les obsèques de son ami, l'ancien Premier ministre Rafik Hariri.

La confusion des genres et des perceptions a marqué ces formidables funérailles populaires, auxquelles ont participé des centaines de milliers de Libanais. Réunion de tristesse et de rage, où ces sentiments avaient pris le dessus sur toute rationalité, qu'il n'était pas le moment de rappeler. Ils étaient tous là, les ennemis irréconciliables d'hier, les ex-collabos syriens, les Druzes, les chiites, les sunnites et les chrétiens, à accompagner à sa dernière demeure celui qui, dans sa mort brutale, a réussi à cristalliser la volonté de tous d'en finir avec l'occupation de la barbarie syrienne. Tous là, sauf les actuelles marionnettes de Damas, qui avaient été priées par la famille Hariri de ne pas assister aux obsèques et, certainement, de ne pas en faire des obsèques nationales.

On avait oublié, hier, que Rafik Hariri avait été l'un des plus actifs "syrianisants" jamais engendrés par notre pays. Que c'est sous l'ombrelle de l'occupation des al-Assad qu'il avait encore augmenté son extraordinaire fortune et qu'il n'avait cessé de les remercier de leurs grâces, en les laissant piller le Liban à leur guise et l'envahir par un million de travailleurs émigrés imposés, qui, dans une étrange transfusion sanguine, enrichissent leur pays et appauvrissent le nôtre. Hariri, qui avait construit un palace à Damas pour la famille al-Assad, digne des Omeyyades, sur sa cassette personnelle, en vases communicants avec l'endettement national qui pèse d'un poids insupportable sur toutes nos personnes.

Ainsi, lorsque Jacques Chirac, face à la terre fraîchement retournée de la tombe de son ami, faisait l’éloge de l'humaniste Hariri, nous ne nous y retrouvions pas. Et nous sommes à penser que, si Damas n'avait pas décidé d'éloigner le défunt des rênes du pouvoir et de l'argent public voici quelques mois, il serait encore à augmenter sa richesse, à l'ombre des sentinelles de Damas, qui ont assassiné sans état d'âme leur ancien allié.

Mais c'est le peuple libanais qui m'importe, après tout, et pas qu'il se montre oublieux de son passé récent. Hier, dans les rues de Beyrouth, on entendait crier contre les Syriens des slogans, du genre de ceux qui préparent à la guerre. Dont le fameux "Lahilaa hila Allah, Suria adoua Allah !", réservé d'habitude aux Israéliens et qui a été expurgé des comptes rendus journalistiques, tant à l'usage domestique que pour l'exportation. Cette malédiction en arabe signifie : "Il n'y a qu'un seul dieu, c'est Allah, et la Syrie est l'ennemie de dieu !".

Nous de nous poser des questions quant à l'objectif recherché par Béchar al-Assad, lorsqu'il a fait sauter 350 kilos d'explosif militaire C4 sous la voiture de l'ex-Premier ministre. Il n'y a, à cet égard, plus guère que la radio d'Etat française RFI pour faire croire que ce pouvaient être les Israéliens qui auraient perpétré cet assassinat. Dans une pseudo analyse extravagante, le chef du service international de la radio à vocation internationale du Quai d'Orsay, jugeait l'hypothèse de la responsabilité syrienne comme n'étant pas "la plus crédible". Partout au Proche-Orient, cette déclaration semi-officielle a généré la colère, puis la risée de la France, tant la signature syrienne sur ce meurtre ne fait pas l'ombre d'un doute.

350 kilos d'explosifs, pour les non libanais, c'est trois fois et demi la charge nécessaire à projeter un char de soixante tonnes à une hauteur de sept mètres. C'est une charge énorme. Mais que cherchaient donc les stratèges syriens en éliminant Hariri ?

Plusieurs hypothèses ont été envisagées. Mais, avant d'en parler, je veux mentionner que tous les analystes stratégiques de la Ména, que j'ai consultés, sont d'accord avec moi pour avancer qu'il s'est agi d'un acte provenant d'un régime aux abois, faisant suite à une évaluation stratégique bâclée et issue du think tank alaouite, qui peine à intégrer les principes d'interactivité entre les décisions (exactions) syriennes et les intérêts et réactions prévisibles dans le reste du monde. Suite à l'attentat, les Etats-Unis ont haussé de deux crans l'intensité de leurs menaces contre la junte de Damas. Washington a ainsi rappelé son ambassadrice en Amérique et "exige" désormais, le retrait "total et immédiat" des forces d'occupation syriennes du Liban. Jusqu'au conseiller diplomatique de Chirac, Maurice Gourdault-Montagne, qui discutait hier avec Walid Joumblatt d'un éventuel déploiement d'une force d'intervention internationale au Liban, comme moyen possible de "mettre fin à la barbarie qui décime les Libanais depuis plusieurs années déjà", à laquelle le président français faisait allusion lors d'une allocution parallèle.

Damas comptait-elle créer la zizanie entre les Libanais, en détachant les sunnites, dont Hariri faisait partie, du reste du consensus national, chaque jour plus décidé à obtenir l'indépendance et la souveraineté de notre pays ? Franchement, nous n'y croyons pas… L'effet inverse, de renforcement de l'unité de tous les Libanais contre l'occupation et son gouvernement fantoche, était trop évidemment prévisible pour que les Syriens l'aient mal évaluée.

Il me semble plutôt qu'une autre théorie prenne le dessus, dût-elle décevoir nombre de mes compatriotes qui veulent voir en Jacques Chirac leur ami providentiel. Selon l'analyse des Syriens, le président français était le partenaire de Rafik Hariri et en aucune façon celui des Libanais. J'en veux pour preuve que du temps de la symbiose parfaite entre le défunt et les al-Assad, l'Elysée était le seul soutien occidental de la dictature damascène et que Chirac fut le seul chef d'Etat étranger à assister aux funérailles de Hafez al-Assad. Allant dans le même sens, nous avons observé que la France n'a révisé sa position à l'égard de Damas que lorsque Hariri est tombé en disgrâce dans la cour des al-Assad. A ce moment, la diplomatie française a engagé un virage à 180 degrés et s'est soudain montrée plus exigeante que les Etats-Unis lors de l'élaboration de la résolution 1559 au Conseil de Sécurité.

Selon une vision, stratégiquement discutable, mais qui a la cote à Damas, la Syrie pourrait éventuellement résister aux pressions lorsqu'elles proviennent des seuls Américains et lorsqu'ils sont isolés dans leur "lutte des civilisations". Lors, le pouvoir alaouite est persuadé que la France n'entretient aucun intérêt authentique pour le pays des cèdres, mais que toutes les décisions de Paris étaient dictées par les intérêts, communs et privés, liant Chirac et Hariri. En éliminant Hariri, les Syriens escompteraient, après une période d'irritation longue de quelques semaines, que la France et son président se remettent à se désintéresser de notre avenir et laissent, à nouveau, George Bush seul sur le front anti-al-Assad.

Il s'agit assurément d'un raisonnement stratégique très imparfait et qui, dans tout régime équilibré, n'aurait pas justifié les autres risques encourus par l'assassinat de Rafik Hariri. Mais, on l’a déjà écrit, les raisonnements qu'on tient à Damas sont singuliers et incomplets. Tant mieux peut-être pour les peuples qui souffrent du régime alaouite. Quoique, lorsque Jacques Chirac est venu présenter, mardi, ses premières condoléances à madame Nazek Hariri, dans son vaste appartement parisien, il y a croisé notre ex-Premier ministre, le général Michel Aoun. Le président l'a à peine salué, murmurant un "c'est vraiment ignoble…". Qui sait s'il a seulement reconnu l'homme qui porte aujourd'hui sur ses épaules les espoirs de tout notre peuple ? Il est vrai que, même s'ils demeurent dans la même ville, Chirac n'a jamais daigné rencontrer Aoun. Pendant les mêmes années syriennes, il rencontrait Hariri jusqu'à deux fois par mois. Cela, les Syriens l'avaient correctement observé. Pour le reste, espérons pour le Liban qu'ils se soient trompés.
Par Charles Hubin
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