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Intégration et laïcité

Mercredi 9 mars 2005
Anti-racisme oui, mais quel anti-racisme ?

Texte d'une conférence débat organisée par "Ni Putes Ni Soumises"

Un des éléments importants de la citoyenneté et du refus de l’embrigadement est l’engagement dans le combat associatif antiraciste. Nous disons tous vouloir refuser le racisme, et tous ceux qui sont ici ce soir veulent lutter contre le racisme. Un jeune qui aujourd’hui veut s’engager contre le racisme a besoin d’idées claires sur le racisme qui frappe les Noirs, les Arabo-musulmans, les Juifs, les femmes, les Tsiganes, les Blancs, les Français …

Chaque racisme a ses spécificités qu’il faut caractériser pour pouvoir le combattre. Le 7 novembre 2004, a eu lieu à Paris à l’initiative du Mrap et de la Ligue des Droits de l’Homme une « grande manifestation contre le racisme ». Cette manifestation n’a rassemblé que bien peu de monde. La presse a justifié cette faible mobilisation en évoquant des dissensions entre organisations anti-racistes. En effet de nombreuses associations et de nombreuses personnalités avaient refusé de participer: SOS Racisme, la LICRA, mais aussi des organisations juives, mais aussi Ni Putes Ni Soumises, mais aussi des militants maghrébins comme les socialistes algériens qui ont lutté contre le FIS.

La première difficulté que va rencontrer ce jeune est donc de savoir qui EST raciste, et, surtout, qui est ANTI-raciste. En réalité tout le monde se présente comme anti-raciste. La question sera donc qui ce jeune doit-il croire, en qui doit-il faire confiance ? Son choix est bien difficile…

Dans cette intervention, nous allons voir trois parties :
- les difficultés d’être anti-racistes aujourd’hui en France
- la faillite de certaines organisations antiracistes
- des pistes pour résister à l’embrigadement

Les divergences entre ceux qui manifestaient le 7 novembre et ceux qui refusaient de manifester tournent surtout autour de deux axes : le Proche Orient et les islamistes.

Tout d’abord le Proche Orient.

Mon but n’est pas du tout de prendre parti ici pour ou contre tel protagoniste israélien ou palestinien. Tous les points de vue, toutes les opinions sont respectables, du moment que, précisément, ils excluent le racisme. Fadela Amara et Mohamed Abdi, dirigeants nationaux de Ni Putes Ni Soumises, ont affirmé à plusieurs reprises leur solidarité avec les Palestiniens, et leur point de vue est respectable, parce qu’il n’y a pas de leur part de diabolisation d’Israël. Je vais prendre deux exemples pour illustrer ce qui se passe.

Premier exemple : Le mercredi 12 janvier 2005 à Paris, un rassemblement pro-palestinien est organisé, à l'appel notamment de l'Association « France Palestine Solidarité » et de « l’Union des Juifs Français pour la Paix » (UJFP). L’UJFP est une association juive qui fait de la cause palestinienne sa grande priorité. Le rassemblement est d’abord mouvementé parce qu’ils sont agressés par une autre association juive. Puis ce sont Ginette Skandrani et Jean-Paul Cruse (1), des antisémites et négationnistes notoires, qui prennent place dans le rassemblement. Protestations de certains organisateurs qui exigent que ces négationnistes quittent les lieux. Mais d’autres organisateurs et de nombreux militants pro-palestiniens exigent que ces négationnistes restent dans la manifestation, et veulent au contraire exclure ces Juifs défenseurs des Palestiniens. On a même entendu que la « présence de Juifs » était « une honte ». (2)

Ginette Skandrani est pourtant connue pour avoir édité un remake du « protocole des sages de Sion », intitulé « le complot judéo-nazi d’Ariel Sharon » qui, comme son modèle, est un faux notoire, destiné à alimenter la haine anti-juive et anti-israélienne, notamment dans les pays arabes. (3)

Second exemple : en octobre 2004 paraît l’ouvrage controversé d’Alain Ménargues, directeur de l’information de RFI, « le mur de Sharon ». L’ouvrage suscite de très nombreuses protestations en raison de son contenu raciste. Pourtant, le 17 octobre 2004, plusieurs organisations pro-palestiniennes comme la CCIPPP(4) et Euro-Palestine dénonçaient une « nouvelle chasse aux sorcières contre le journaliste Alain Ménargues » et demandaient au public, « y compris aux détracteurs de Ménargues, s’ils ont un minimum d’honnêteté intellectuelle », de lire les deux derniers livres de l’intéressé. Or, des pages entières du « Mur de Sharon » d’Alain Ménargues sont directement recopiées de la prose d’un néo-nazi américain Mark Weber, directeur de l’Institute for Historical Review, la principale officine négationniste aux États-Unis. Un néo-nazi, un anti-noir et un anti-juif (5), voilà le genre de lectures que recommande Euro-Palestine !

Ces deux exemples sont loin d’être isolés. Comment se fait-il que les défenseurs de la cause palestinienne se prennent ainsi les pieds dans l’anti-judaïsme aussi primaire ? D’où vient que la cause palestinienne soit ainsi mélangée à l’antisémitisme ? Comment les militants pro-palestiniens font-ils le tri entre information et propagande, entre ce qui est réel et ce qui est motivé par l’anti-judaïsme ?

Comment font-ils pour éviter le piège de ce que Pierre André Taguieff et Jean Christophe Rufin nomment l’antisionisme radical, ce mélange intime d’anti-israélisme et d’antijudaïsme ?6 Comment faire son engagement si les organisations pro-palestiniennes elles-mêmes ne savent pas faire la différence ?

En réalité, il y a dans le monde plusieurs centres névralgiques de propagation de l’antijudaïsme : actuellement ce sont surtout les mouvements islamistes et notamment le Hamas, dont le seul but est d’assassiner les Juifs ! Pour le Cheikh Ahmed Yassine (7), fondateur et dirigeant du Hamas (8) je cite, « les Juifs sont des chiens » ou encore je cite, «Tout Juif est une cible et peut être tué». L’article 7 de la charte du Hamas précise : « Le jour du Jugement ne viendra pas tant que les Musulmans ne tuent les Juifs et tant que le Juif se cache derrière des pierres et des arbres. » Le but de Yassine, c’était, sans aucune subtilité, la mort des Juifs. En vérité, il ne s'agit pas ici de politique, pas d'une opinion. Il s’agit d’une propagande raciste digne du nazisme. Les musulmans démocrates sont-ils au courant de la Charte du Hamas, et dénoncent-ils cette propagande raciste ? Comment les militants font-ils la part des choses entre une information factuelle et une information donnée par le Hamas pour pousser à la haine? (9)

Les islamistes en France utilisent bien entendu la version Hamas des évènements : ils veulent montrer des musulmans victimes de massacres à des musulmans victimes du chômage pour les pousser au « Jihad ». Il s’agit, comme dit Mohamed Sifaoui, de convertir les musulmans à l’islamisme. Mais souvent la presse française leur donne un coup de main, et répercute une version proche de celle des islamistes.

Comment se fait-il en effet que la majeure partie de la presse française parle du Hamas ou du Hezbollah comme de « mouvements de résistance » ? En réalité, de nombreux journalistes hésitent à dire les faits bruts car ils craignent de « stigmatiser » des musulmans. On retrouve la même complaisance molle vis-à-vis des islamistes en Algérie. Cet ensemble de désinformations et de complaisances laisse le champ libre à de grands mythes sur tous les conflits où sont impliqués des islamistes (10). Une large fraction de l’extrême gauche continue à soutenir les islamistes, considérés comme ayant un rôle dans le combat anti-impérialiste (11).

Le MRAP : faillite de l’antiracisme officiel

Si nous revenons à ce jeune qui veut s’engager, s’il décide de soutenir les droits humains, il a de plus en plus besoin d’y voir clair. Logiquement, il devrait pouvoir se tourner vers des organisations anti-racistes. La plus importante d’entre elles, c’est le Mrap. Or que dit le Mrap ? Quel éclairage jette-t-il sur la crise de l’anti-racisme ? Hé bien, il ne nous éclaire pas beaucoup, Il projette même une lumière trouble. Le Collectif Contre TOUS les Racismes a dénoncé les méthodes dangereuses et les liaisons dangereuses du Mrap, par deux rapports de 400 pages au total, parus en février et novembre 2004 (12). Le CRIF a consacré en septembre 2004 un rapport à l’analyse des communiqués du Mrap (13). Pas un mot, pas une virgule de ces rapports n’a pu être démentie par le MRAP, qui, comme seule réponse, n’a su que diffamer les auteurs des rapports.

Sur l’antisémitisme et l’anti-israélisme, tout d’abord ; ce serait le travail du Mrap que de dénoncer l’antisémitisme qui se cache derrière de soi-disant analyses politiques. Ce serait le rôle du Mrap que de tracer la limite entre une position politique, une opinion et un discours raciste des islamistes. Or, le Mrap fait tout le contraire. Au lieu de dépassionner le conflit israélo-palestinien, au lieu de le ramener à de justes propositions, le Mrap en a fait son cheval de bataille.

Chaque année, 70 % des communiqués du Mrap en politique étrangère sont consacrés au Proche-Orient, toujours pour condamner Israël. Par contre, le MRAP ne condamne jamais le terrorisme des Palestiniens, au contraire. Cette complaisance pour le terrorisme vaut aussi pour le terrorisme islamiste algérien : à peine 1 % des communiqués sont consacrés aux massacres commis par les islamistes en Algérie ! Dans ces communiqués, le MRAP ne condamne jamais les terroristes islamistes ! Nos amis anti-fascistes algériens, qui ont durement lutté contre le FIS, regrettent de ne jamais trouver le Mrap à leurs côtés.

Voyons maintenant qui sont les collaborateurs du Mrap. Nous avons vu que l’UJFP, amie et défenseur des Palestiniens, refuse de manifester aux côtés de racistes et de négationnistes. Le Mrap n’a pas souvent cette conscience, loin de là. Roger Garaudy, Ginette Skandrani, Monder Sfar et l’internaute Cuba Libre ont été ou sont des collaborateurs du Mrap. Le Mrap a des collaborateurs racistes et négationnistes avec qui il initie et co-organise nombre de manifestations anti-israéliennes, nombre de meetings, signe nombre de pétitions. Il ne se sépare de ces personnages que lorsque leur racisme est sur la place publique et qu’ils sont devenus infréquentables.

Avec de tels collaborateurs, avec un tel discours, êtes-vous surpris que des Juifs subissent des injures racistes dans une manifestation ? Êtes-vous surpris que l’on crie « Mort aux Juifs ! » dans des manifestations co-organisées par le Mrap ? Le Mrap, qui pourrait, qui devrait parler avec une voix morale, n’a rien expliqué. Au contraire, il n’a fait que jeter de l’huile sur le feu en justifiant ces appels aux meurtres. D’ailleurs, en avril 2004, le secrétaire général du Mrap, Mouloud Aounit a franchi la ligne rouge : il a reproché à un adversaire politique d’être aux mains du « lobby juif » qui commanderait la France (14) !

Où est le Mrap lorsque des Juifs sont agressés, lorsque des enfants juifs sont martyrisés dans les écoles, lorsque des Juifs religieux sont tabassés dans la rue par des racistes (15) ?
Où est le Mrap lorsque des femmes sont victimes d’agressions sexistes ? Le Mrap n’a même jamais exprimé la moindre compassion, le moindre soutien à ces victimes. Pourtant les témoignages de femmes des cités sur le site de Ni Putes Ni Soumises sont effrayants.

Où est le MRAP lorsque des chanteurs sexistes chantent (dans des galas « de soutien » au Mrap) à la gloire des tournantes dans les caves ?

Que fait le Mrap aux côtés des intégristes islamistes dans leur campagne agressive pour le voile à l’école ? Le MRAP cautionne leur vision sexiste de la société.

Quand le Mrap a-t-il dénoncé le racisme anti-blanc et anti-républicain : au contraire, il soutient que « les Français seraient tous plus ou moins racistes », que la justice française serait « coloniale ». Objectivement, le Mrap sert le combat des islamistes contre la France.

Pourquoi le MRAP cherche-t-il toujours à excuser les auteurs d’actes racistes s’il s’agit des jeunes d’origine maghrébine ? Par cette attitude discriminatoire, le Mrap ajoute à la confusion (16).

Tout cela fait tout de même un peu beaucoup pour une organisation censée lutter contre le racisme.

Ces orientations ont été prises par la direction du Mrap. Il y a dans cette organisation des militants sincères, dévoués qui font un travail remarquable. Il y a même des « réformateurs », qui seraient porteurs d’une alternance. On peut pourtant être inquiet pour l’avenir lorsqu’on voit que les principaux réformateurs ont signé des rapports montant de toutes pièces le mythe de l’islamophobie (12) et qu’ils tolèrent sur leurs sites Internet une chasse aux sorcières et une délation inouïe de ceux qui osent briser le tabou du silence.

Venons-en à l’islamophobie

Sur France Inter en 1997, Taguieff dénonçait le discours «sécuritaire» de l'extrême droite, qui consiste à amalgamer Musulman et islamiste. Pour faire peur, l’extrême droite affirme en effet que «trois millions de Musulmans, c'est trois millions d'extrémistes potentiels» (le nombre de musulmans varie selon les discours jusqu’à 10 millions). Il avait ajouté que c'était aussi la base de la stratégie de recrutement des islamistes dans les milieux musulmans des banlieues (17). En effet, pour les islamistes aussi, un musulman est un extrémiste potentiel. Pour contrer ces deux discours démagogiques et racistes envers les musulmans, le Mrap aurait du, là aussi, aider à tracer une ligne claire entre la grande majorité de la population musulmane, qui n’est pas raciste, et les islamistes qui méprisent les non-musulmans, les musulmans démocrates et les lois de la République.

Pourquoi le Mrap n’a-t-il jamais fait la clarté pour contrer cet amalgame entre musulmans et islamistes intégristes qui sert l’extrême droite et les intégristes islamistes ? Pourquoi ne met-il pas de frontière claire, pourquoi ouvre-t-il la voie aux démagogues d’extrême droite et aux racistes de tout poil ?

Pourquoi le MRAP n’a-t-il rien fait pour empêcher cette fracture communautariste qui enferme les musulmans de France dans l’intégrisme islamiste ?

Le concept qui est au coeur de cet amalgame est l’islamophobie. Le Mrap a beaucoup travaillé pour dénoncer ce qu’il appelle « l’islamophobie ». Je dois dire que ce concept a été fortement contesté au sein même du Mrap en 2004. Le symétrique d’« islamophobie » serait « judaïsmophobie » ou « christianismophobie ».

Dans notre pays, les critiques du christianisme et du judaïsme sont courantes. Le Mrap ne s’est jamais immiscé dans ce débat lorsqu’il s’agit de Chrétiens ou de Juifs. Pourquoi prend-il sélectivement la défense de l’islam ? Pourquoi, au nom de ce concept d’« islamophobie » fait-il passer pour du racisme la critique de l’islamisme ?

L’« islamophobie » est un racisme imaginaire, construit de toutes pièces en amalgamant le racisme anti-maghrébin (qui est scandaleux et qu’il faut combattre avec détermination) et la critique du fondamentalisme islamiste ou de l’islam (critique qui est légitime). En réalité, c’est au nom de la lutte contre les discriminations subies par les Maghrébins que l’on prétend interdire la critique de l’islam.

Voyons où nous en sommes dans ce panorama : le Mrap ne dénonce pas la vision islamiste sur les Juifs, les Chrétiens, les femmes, la République. Par contre il utilise le concept d’islamophobie pour mettre à l’index, non pas le racisme anti-maghrébin, mais tout simplement ceux qui dénoncent l’intégrisme islamiste. C’est face à cet antiracisme partial, partiel et sélectif, face à cette instrumentalisation de l’antiracisme, que s’est créé le Collectif Contre TOUS les Racismes (12).

La vision du monde qui sous-tend le discours d’un Yacine implique que l’islam soit une religion « globale », globalisante. Elle implique que l’islam ait la prééminence sur les autres religions et que la loi islamique soit plus importante que la loi de la République, en France, dans le pays qui a accueilli ces musulmans.

Bien au contraire, la laïcité nous protège contre ces déviances-là. Elle assure à chacun le libre exercice de sa religion, aux musulmans comme aux autres. Et c’est pour cela que nous y sommes attachés. Nous, ce sont les Juifs. Nous, ce sont les femmes. Nous, ce sont les Maghrébins démocrates, celles et ceux qui ont connu l’intégrisme en Algérie, et qui le refusent. Nous, ce sont les Français démocrates, attachés aux valeurs de notre République, au respect mutuel.

Lutter pour la liberté aujourd’hui, c’est refuser le sexisme, refuser l’embrigadement, refuser le racisme, refuser l’antisémitisme et l’antisionisme radical. On ne peut pas lutter contre le fascisme islamiste si on ne combat pas toute sa propagande.

On ne peut pas espérer lutter pour la condition de la femme si on ne combat pas aussi, en même temps l’anti-israélisme, et inversement. C’est à nous de retrouver le coeur de nos valeurs humanistes et laïques.

Alexandre Feigenbaum, chercheur, B’nai B’rith France

ont cosigné cet article :

Kebir Jbil, président du Mouvement des Maghrébins Laïques de France
Liliane Messika, écrivain, porte-parole de Primo-Europe
Bernice Dubois, ancienne adhérente du MRAP, militante féministe
Simon Midal, Président de Communauté on Line

1 Didier Daeninckx http://www.amnistia.net/news/articles/fascdoss/azizpeti/azizpet2.htm : Jean-Paul Cruse, sur un site "latin et souverainiste", saluait "le défi lancé, le 11 septembre par un commando de rebelles venus du Grand Sud frapper le Centre Mondial du Commerce International -au prix, hélas- de plusieurs milliers de victimes ('’dégâts collatéraux’'). Selon Le Monde (1), Jean Paul Cruse aurait cherché à établir des ponts entre l’extrême droite et certains communistes en 1993.

2 http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=31441 (www.iridium)
3 Luiza Toscane, dans « Tunis réveille-toi »le mercredi 25 juin 2003, voir la note 12
4 Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien CCIPPP, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris
ccippp@club-internet.fr

5 http://www.col.fr/arche/article.php3?id_article=62
6 A titre d’exemple, voici le portrait de Mohamed Ennacer Latrèche, président du Parti des Musulmans de France (PMF) par Xavier Ternisien : « il professe un antisionisme obsessionnel qui cache mal un net antisémitisme. Au cours d'une conférence de presse, mercredi 14 janvier, il multiplie les déclarations provocatrices. "Oui, je suis fier et content de connaître Serge Thion", le chercheur négationniste révoqué du CNRS : "Un grand spécialiste de l'Asie, renvoyé à cause de son opposition à Lionel Jospin au sujet du Hezbollah." "Le révisionnisme et moi, ça fait deux, insiste-t-il. Mais il y a un révisionnisme admissible, celui qui est de l'ordre de la discussion et qui doit intéresser les intellectuels." Le chef du PMF martèle qu'il est "antisioniste, mais pas antisémite". Le sionisme est, selon lui, "une idéologie d'apartheid et de haine" ; les Palestiniens sont victimes d'un "génocide". Il assume complètement les slogans scandés au cours des manifestations propalestiniennes de son parti : "Bush, Sharon, Hitler, où est la différence ?" et "Sionisme = nazisme". (Le Monde, 17-1-2004, http://www.aufeminin.com/__f19134_Actu1_Le_trouble_organisateur_du_defile_pour_le_voile.html).

7 Nissim ZVILI, Libération vendredi 26 mars 2004, http://www.primo-europe.org/documents.php?numdoc=Do-304693365
8 La charte du Hamas, Article 13 précise : « Les initiatives et ce que l'on appelle les solutions pacifiques et les conférences internationales sont contraires aux principes du Mouvement de Résistance Islamique. Le fait d'abuser de quelque parcelle que ce soit de la Palestine est un abus dirigé contre une parcelle de la religion. ». http://www.objectif-info.com/Antisem-islam/charte_hamas.htm

9 Par exemple, Le 29 janvier 2005, dans un éditorial intitulé “Les mensonges de l’industrie de l’holocauste”, publié dans Le Tehran Times, affilié au ministère des affaires étrangères iranien, le journaliste Hossein Amiri prétend que L’holocauste n’a jamais eu lieu, basant son opinion sur celle des « historiens révisionnistes » qui ont prouvé que l’extermination des juifs aurait pris plus que six ans de guerre et que les “nettoyages ethniques par le gaz poison Zyklon-B, comme le prétendent les Sionistes, n’était pas possible à cette période ». L’éditorial minimise l’holocauste déclarant que n’importe quelle guerre - pas seulement la deuxième guerre mondiale - « conduit à de nombreux problèmes et désastres » et que les camps de concentration nazis n’étaient pas pires que tout autre camp de détention.

10 Ainsi Elias Sambar, directeur de la Revue d‘Etudes Palestiniennes tord le cou à un mythe qui motive pourtant bon nombre de militants pro-palestiniens : « on ne peut pas dire, comme on l'entend trop souvent, « comment les victimes de Hitler ont-elles pu faire aux autres ce qu'on leur a fait ? ». Non, les Israéliens n'ont pas fait aux Palestiniens ce que les nazis ont fait aux Juifs ! Et cela n'enlève rien aux souffrances des uns et des autres » (Télérama n° 2872 - 27 janvier 2005)

11 B’nai B’rith Menorah septembre 2004, intervention d’Alexandre Adler
12 Site du ccTr ; http://membres.lycos.fr/ifw/article.php3?id_article=1
13 http://www.crif.org/index.php?dossier=42&menu=5
14 Libération, 7 avril 2004.
15 France-Soir - "Antisémitisme : Le Mrap accusé de complaisance", Philippe Bouvier, samedi 6 novembre 2004
16 il y a des droits, mais il n’y a plus de devoirs de citoyens. Quelle image de la citoyenneté ! Quelle discrimination positive !

17 http://www.upjf.org/documents/showthread.php?s=80f58ee9cde6c453a8921ff54ab78c3c&threadid=5703&highlight=feigenbaum
Présentation chez NPNS Nord Essonne 4 février 2005

Par Charles Hubin
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Jeudi 10 mars 2005

La montée des communautarismes est teintée d'islamisation des esprits. Les femmes sont les premières à en faire les frais.
Moi, fille d'immigrés, pour l'égalité et la laïcité

Par Fadela AMARA
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mercredi 02 mars 2005
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Aujourd'hui, dans la France des quartiers populaires, la mixité des espaces publics est une peau de chagrin. Trop souvent, il n'y a plus que le hall d'immeuble pour se rencontrer et, hélas, ce sont les mecs qui tiennent les cages d'escalier. Il suffit de trois mecs qui terrorisent l'animateur en exigeant «on ne veut pas de filles» et ils gagnent : la pression est telle que les animateurs sociaux reculent. Pour un Abbès, animateur à Epinay, qui tint bon et qui réussit à amener camper des filles et des garçons, combien ont renoncé faute de soutien, faute de moyens, faute de volonté politique clairement affichée ? En une dizaine d'années, les activités pour la jeunesse sont devenues des loisirs sexués au seul profit des garçons.

Pourtant, ce rétrécissement de la liberté des femmes ne suscite pas une dénonciation unanime chez les féministes. Quelques-unes font silence sur les violences commises au nom de l'obscurantisme. Or, si l'actualité éclaire largement le sort des jeunes filles touchées par le prosélytisme religieux, on passe largement sous silence la loi du nombre : pour se soustraire à cette pression, certaines filles préfèrent se voiler... Dans les années 70, c'est au cri du Manifeste des 343 salopes qu'elles ont imposé le droit à disposer de leur corps à la société, et notamment dans une lutte déterminée contre l'intégrisme religieux de l'époque. N'est-il pas triste que certaines de ces pionnières recherchent aujourd'hui la respectabilité des commentateurs zélés des Livres sacrés ?

Et que dire des femmes et des hommes politiques qui disent : «Le voile, c'est leur choix» ? De deux choses l'une. Ou ils méconnaissent le terrain et alors à quel titre postulent-ils à la direction du pays ? Ou ils ont subrepticement renoncé aux valeurs de liberté et d'égalité pour vendre la République par étage. «Chacun chez soi.»

Depuis quinze ans, depuis les promesses du «on va vous repeindre les cages d'escalier», chez moi, je n'ai rien vu venir. A part quelques ravalements de façade et colmatages de brèche, qui n'ont pas changé nos vies pour autant. Le chômage de masse est toujours la règle. Il y a toujours un proche ou une relation en prison. Il n'y a qu'une chose qui ait changé : la gauche de gouvernement a inventé le RMI. Bel espoir, pour ceux qui étaient en voie de noyade sociale.

Fatima et Christine, Benoît et Mamadou sont toujours maltraités par le système et les politiques qui sont menées. Je sais trop bien que Fatima et Mamadou subissent plus de discriminations. Mais nous traversons tous les mêmes galères. Les filles des cités paient le prix fort de quinze années de désespérance. Violences sur les corps. Il y a eu l'apparition des «viols collectifs», la fabrication de «mauvaise réputations»  les «putes». Il y a maintenant le basculement de gamins détruits vers l'islamisme. Là, on leur redonne de la dignité. Ils retrouvent un rôle central. Ils en imposent aux femmes. Violences sur les âmes. Leur contrôle fabrique de la domination sur les «soumises». La laïcité est aujourd'hui le front où se joue la mixité.

Les obscurantismes et leur soutien se déchaînent contre l'esprit des Lumières. Les femmes sont les premières à en faire les frais ici et ailleurs. En France, l'ethnicisation de la politique est leur cheval de Troie. Le communautarisme est le cache-sexe de l'islamisation des esprits. Il faut casser cette logique et rétablir celle de la laïcité et de la République. Il se joue bien plus que l'interdiction de la mixité dans les piscines de la métropole lilloise.

Le programme est distribué par des associations islamistes, soutenues par une certaine gauche. Moi, fille d'immigrés, je devrais proclamer que je suis une colonisée, ici et maintenant, dans ma cité en mars 2005. Pourquoi veulent-ils me laisser dans ce rôle d'«indigène» ? Je veux sortir de cette posture d'éternelle victime. Je ne comprends pas le mal-être de ces économistes, philosophes, enseignants et autres informaticiens qui ont un boulot et un appart ! J'en ai été si interloquée que j'ai appelé mon père, en ce moment de l'autre côté de la Méditerranée. Le vieux militant du FLN m'a répondu : «En quoi ça te regarde la colonisation ? L'indépendance de l'Algérie est acquise depuis plus de quarante ans. De quoi as-tu besoin pour vivre ? De respect ! Respecte les gens et fais-toi respecter.» Et il a ajouté : «On connaît l'histoire.»

Je sais que la mémoire n'est pas un congélateur. Elle travaille et il faut la travailler. Bien sûr qu'il faut des films sur le 17 octobre... Le travail de mémoire doit se faire, mais cela ne doit pas participer à la construction identitaire. Que veulent les instigateurs de l'appel «Nous sommes les indigènes de la République» ? Des excuses publiques de la République française pour les guerres coloniales ? Mais, parce que je connais l'histoire, je sais aussi que cela ne se compare pas avec la rafle du Vél d'Hiv. La guerre d'indépendance algérienne n'est pas l'équivalent de la Shoah. Le programme de l'Algérie française, ce n'était pas l'extermination totale d'une population.

Ceux qui veulent nous faire assumer la posture de l'indigène méconnaissent volontairement l'histoire. Ils instrumentalisent le passé pour mettre à bas la liberté et l'égalité, les valeurs de ce qu'ils osent appeler le «chauvinisme universaliste». Qui ne voit qu'en appelant à ce soulèvement moral des «colonisés» ils préparent, pour les jeunes filles, le terreau d'une sorte de «statut personnel», pour reprendre l'expression de Leïla Sebbar ? Il se joue la légalisation du multiculturalisme. Et les digues qui nous en protègent se nomment mixité et laïcité.

La posture de l'indigène en lieu et place d'égalité sociale ! Cela fait plus de vingt ans que Jean-Marie Le Pen nous la promet. Voilà qu'une fraction de l'extrême gauche rejoint les associations islamistes pour soutenir, symétriquement, une telle régression. Cette confusion des esprits est un signal d'alerte pour tous ceux qui sont attachés à l'émancipation de l'humanité et à l'esprit des Lumières.

Nous n'allons sûrement pas gaspiller nos énergies à détruire des chaînes imaginaires. Nous avons trop à faire pour sortir de la spirale de la désespérance sociale et reconquérir l'espace public de nos cités avec les principes de mixité et de laïcité. Et pour cela, nous avons besoin de vous !

Fadela Amara présidente
de Ni putes ni soumises.

Par Charles Hubin
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Lundi 14 mars 2005
Pourquoi veut-on étouffer le rapport courageux et accablant de Jean-Pierre Obin, inspecteur général de l'Éducation nationale, sur l'islamisation massive de l'école républicaine ?

 
  Le rapport Obin sur « Les signes et manifestations d'appartenance religieuse dans les établissements scolaires », rendu en fin d'année 2004, a été gentiment étouffé. Sa valeur, son caractère explosif même, tient au fait qu'il s'agit cette fois d'un travail de l'Inspection générale de l'Education Nationale. Insoupçonnable, donc, de toute inspiration partisane. Il est le fruit d'une enquête de huit mois, dont cinq sur le terrain, dirigée par Jean-pierre Obin et menée par une équipe d'inspecteurs dans 21 départements français de métropole et d'outre-mer. Même si son auteur se défend de toute volonté de généralisation, il brosse un tableau précis : celui d'une large contestation des valeurs républicaines et laïques dans le milieu scolaire.

   Un tableau sombre et inquiétant qui débouche sur des préconisations urgentes. On retient avant tout que la controverse sur le voile n'est que « la partie visible (médiatique) d'une dynamique plus vaste, souvent récente, parfois brutale. » Un véritable rouleau compresseur, serait-on tenté d'ajouter, que l'on pourrait prosaïquement appeler l'islamisation de l'école. Cette islamisation s'est faite au gré des « négociations », renoncements, ou « compromis » successifs, à cause aussi de l'absence de lucidité et de courage des responsables politiques.

   A cet égard, on ne peut que s'étonner du peu d'écho dans le public de ce rapport. Aujourd'hui encore, il ne figure même pas sur le site internet du ministère de l'Education Nationale, preuve que la stratégie de l'autruche est toujours privilégiée. A moins qu'il ne s'agisse une fois encore de la constante volonté de ne pas effaroucher le « mammouth ».

   Le mérite d'Obin est de ne pas céder aux exigences du politiquement correct dès qu'il s'agit des questions religieuses. Ces manifestations identitaires dans l'espace laïque sont, nous dit-il d'emblée, « exceptionnellement le fait du christianisme, parfois du judaïsme, le plus souvent de l'islam. »
Les auteurs montrent que ce mouvement a d'abord la phobie de la mixité des sexes qui s'exerce évidemment au dépend des femmes. A leur corps défendant, puisque la violence est souvent employée pour faire rentrer dans le rang les récalcitrantes. Il décrit une inquiétante régression de la condition féminine, des filles « mises sous surveillance » sous la pression des « barbus » parfois appelés par euphémisme les « grands frères ». Si, en effet, les jeunes filles décident elles mêmes le plus souvent de se voiler, nous sommes invités à dépasser cet aspect purement vestimentaire pour observer l'ensemble de la situation. L'objectif des radicaux qui contrôlent certains quartiers et associations autrefois modérés est une double ségrégation. Entre les filles musulmanes et les garçons, d'abord, mais ensuite entre les musulmans et les non musulmans, perçus comme impurs. Ainsi les filles sont-elles parfois recluses et de plus en plus souvent maintenues à distance de tout lieu mixte où leur « pudeur » pourrait être outragée : piscine, cours de gym, bien sûr, mais aussi centre sociaux, cinémas etc…Si la pression des religieux est aussi forte à l'école c'est, note justement le rapport, parce qu'elle est le dernier lieu de mixité dans des territoires déjà largement perdus pour la République. L'école est donc bien le dernier sanctuaire où les islamistes testent le rapport de force en cherchant à l'infléchir à leur profit. Pas étonnant donc, si, contrairement à ce que l'on pourrait croire « les dérives les plus graves se rencontrent là ou l'on a transigé, passé des compromis » et non l'inverse.

   Parmi ces dérives, certaines sont hélas devenues banales. Citons- en quelques unes parmi les moins attendues : refus de chanter, de jouer de la flûte, de danser, de dessiner des visages, observés dès l'école maternelle. Des femmes recluses chez elles qui ne sortent plus qu'exceptionnellement, et qui, même pour aller chercher leurs enfants à l'école, sont toujours accompagnées d'un « grand frère ». Des toilettes de facto séparées, les unes réservées aux musulmans et les autres aux « Français », considérés comme impurs. Des demandes, faites par des religieux, de vestiaires sportifs séparés réservés aux « circoncis » qui ne sauraient se déshabiller devant les autres, impurs toujours.

   Le prosélytisme s'exprime,lui, de deux façons :
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- par la quasi impossibilité pour les élèves originaires de pays musulmans de ne pas se conformer aux prescriptions religieuses. Et ceux qui s'y plient imparfaitement sont l'objet de « stigmatisations agressives » : par exemple, s'ils veulent manger du porc ou ne pas jeûner pendant le Ramadan, même si les parents demandent expréssement leur maintien à la cantine. Ainsi arrive-t-il que l'on découvre des reliefs de repas pris en cachette dans les toilettes ! Certaines écoles ont d'ores et déjà réalisé le programme des islamistes en acceptant la ségrégation à la cantine avec des tables « musulmanes » et d'autres « interdites aux musulmans ». Le rapport signale un cas d'un établissement ayant voulu se simplifier la vie en proposant des menus hallal pour tout le monde. Fort heureusement, le gestionnaire a démissionné pour dénoncer ce renoncement.
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- En second lieu, notent les auteurs, « certains élèves d'origine européenne observent le jeûne (du ramadan) par conformisme sans en parler à leurs parents », qui ne découvrent le fait que le jour ou l'administration leur rembourse des repas non consommés.

   Le contenu des enseignements est, lui aussi, contesté. L'éducation physique et sexuelle pour les filles, au prétexte que « les musulmanes restent vierges » et n'en auraient pas besoin. La philo, certains entendant faire le tri entre les auteurs et les textes jugés licencieux (Rousseau, Voltaire, Madame Bovary de Flaubert…) et les autres. Le refus d'étudier les cathédrales en Histoire est affiché, ainsi que celui de visiter des églises lors des sorties scolaires bien sûr. La théorie de l'évolution est dénoncée au profit d'une autre,« créationniste », conforme au Coran. Jusqu'aux mathématiques qui n'échappent pas non plus à cette offensive obscurantiste tous azimuts. Le rapport relève ainsi dans « des endroits très éloignés » des refus de tracer des figures géométriques ressemblant un tant soit peu à une croix !

   Face à ces périls, les enseignants réagissent en ordre dispersé. Souvent leur première réaction est le déni :« Il n'y a pas de problème. » . En général ils se plaignent du manque de soutien de la part des inspecteurs. Tout tient à leur expérience ou à leur degré de conscience. Cela va donc de la fermeté la plus totale au laxisme absolu, en passant par la résignation. Certains jeunes enseignants cédant carrément à la tentation du relativisme, en admettant que les sciences sont « une croyance parmi d'autres », ou en devançant la réaction de certains de leurs élèves pour leur proposer des versions de leur savoir expurgées de tout ce qui pourrait les heurter….D'autres enfin croient bien faire en voulant palier « l'ignorance des élèves face à leur propre religion » et se croient investis « d'une mission » en la matière. Ils ne se rendent pas compte qu'ils acceptent de ce fait une « théologisation de la pédagogie ».

   Dans le même esprit le rapport souligne la gageure sinon l'impossibilité d'un enseignement du fait religieux, idée à la mode. Les élèves musulmans refusant en effet toute approche distanciée et laïque de textes sacrés à leurs yeux.

   Last but not least, le rapport Obin évoque la question de l'antisémitisme pour affirmer la gravité du phénomène en milieu scolaire. Avec ce terrible constat : « En France, les enfants juifs -et ils sont les seuls dans ce cas - ne peuvent plus être scolarisés dans n'importe quel endroit. » Quand ils ne sont pas l'objet d'insupportables brimades, leur tranquillité ne tient que tant qu'ils parviennent à cacher qu'ils sont juifs.

   Pour toutes ces raisons et même classé au fond d'une armoire, le rapport Obin fera date pour sa clairvoyance. Pour la première fois, voici un rapport officiel qui dénonce les ghettos, mais refuse de tenir pour seuls responsables les bailleurs ou les municipalités qui les ont souvent favorisés. Aujourd'hui ces ghettos ethniques sont devenus religieux et ce sont les barbus qui les maintiennent et y règnent. Ghetto, d'ailleurs le mot est faible. Citons encore Jean Pierre Obin : « Ce sont édifiées des contre-sociétés closes dont les normes sont le plus souvent en fort décalage, voire en rupture, avec celles de la société moderne et démocratique. » L'école républicaine y est comme une ennemie. Dans son élan, et sans doute avec une louable volonté d'être constructif, il demande des actions nationales favorisant la mixité sociale. A le lire, on se demande s'il n'est pas déjà trop tard.

Par Charles Hubin
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Mardi 15 mars 2005
Dans un livre, “Frères musulmans, dans l’ombre d’Al Qaeda”, le journaliste Emmanuel Razavi dénonce l’entrisme de cette organisation, vraie menace pour nos démocraties. Plus redoutable que le terrorisme ?
Emmanuel Razavi sait de quoi il parle. Grand reporter, sur le terrain depuis plus de sept ans, il a enquêté au sein même de mouvements islamistes tels que le Hezbollah libanais et le Hamas en Cisjordanie. Il a suivi le parcours de jeunes militants convertis par les “Frères”, à travers les filières islamistes de Paris à Londres, de Hambourg à Bruxelles, en passant par Le Caire, Amman et Riyad, avant de couvrir les opérations de l’armée américaine en Afghanistan. Il a fait partie des premiers journalistes à suivre les Forces spéciales françaises (COS) qui traquent Ben Laden et ses affidés à la frontière afghano-pakistanaise ; un reportage publié l’an dernier par Valeurs Actuelles.
Emmanuel Razavi est d’origine iranienne. Sa famille a largement souffert de la révolution des ayatollahs de Téhéran. Il écrit sans détour aucun, refusant de mâcher ses mots : nos démocraties sont en danger. Les Frères musulmans, organisation créée en 1928 par l’Égyptien Hassan al-Banna, n’ont jamais renoncé à leur profession de foi : « Dieu est notre but, le Prophète notre chef, le Coran notre constitution, le djihad notre voie, le martyre notre plus grande espérance ». Extraits.

France : loi de 1901, business et religion.
(…) Ainsi que l’analyse un cadre opérationnel des Renseignements généraux en charge des réseaux islamistes : « Dans l’Hexagone, ils (les islamistes) se politisent. Les Frères musulmans ont compris que l’action terroriste n’était pas utile, à moins qu’ils ne se retrouvent en situation de blocage. Auquel cas, la France ne serait pas à l’abri d’une action de grande intensité. Mais aujourd’hui, on ne semble pas être dans cette configuration, puisqu’ils ont obtenu beaucoup de la République. »
En effet, la patrie des droits de l’homme a énormément donné : création d’un Conseil français du culte musulman au moment même où on nous assomme de laïcité, intégration en son sein des plus fondamentalistes, à savoir les représentants de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), ouverture de centres islamiques créés sous forme d’associations loi 1901, ce qui permet à leurs dirigeants, qui prônent pourtant la transparence, d’évoluer dans l’opacité financière, les associations de ce type n’ayant aucune obligation de publier leurs comptes. Bref, la France a offert sur un plateau son arsenal législatif aux islamistes.
Le même officier des Renseignements généraux reprend : « La troisième guerre mondiale a commencé dans la tête des islamistes. Une guerre dont les prémisses s’inscrivent dans la droite ligne de Munich. Les femmes et les hommes politiques de ce pays ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas, car il y a maintenant plus de dix ans qu’on les a mis en garde. Mais ils n’ont cessé de continuer à accueillir des intégristes musulmans sur le territoire comme s’il s’agissait d’une minorité qui avait des droits acquis. À croire qu’on les considère comme nos Indiens d’Amérique ! À Munich, il y avait une alternative. Soit on choisissait la voie du courage, soit on se couchait. On a choisi la seconde solution. On a vu ce qui s’est passé. N’a-t-on pas retenu les leçons de l’Histoire ? »
Les propos de cet homme ne font que refléter l’ambiguïté dans laquelle évolue la France face à l’islamisme. L’un de ses confrères, travaillant également à la cellule opérationnelle, me dit un jour : « Nos islamistes s’achètent une conduite. Ils côtoient les cercles politiques, deviennent présidents d’associations, s’impliquent dans la vie des quartiers, posent en photo avec des élus. Puis ces photos sont publiées dans la presse quotidienne régionale ou nationale. Comment voulez-vous, après ça, qu’on arrive à les expulser ? Ils deviennent des gens importants et bénéficient dès lors de soutiens. » (…)
Madame Mitterrand (…) a usé de toute son influence pour que l’Institut européen des sciences humaines (IESH), qui est probablement le plus grand centre de formation des imams d’Europe (créé par l’UOIF, NDLR), ouvre ses portes en 1990 à Saint-Léger-de-Fougeret, en Bourgogne, sur les terres d’élection de feu son mari, sans se préoccuper un instant du fait que ses dirigeants s’inspiraient de la philosophie des Frères musulmans. (…)
Les “services” (RG et DST, NDLR) étaient notamment intrigués par l’organisation de ces fameux stages et colonies de vacances où l’on enseignait l’arabe et où l’on étudiait le Coran. Mais tous ceux qui connaissent l’IESH savent combien son cadre enchanteur peut inciter à l’étude ! (…)
Selon certaines sources opérationnelles des services de renseignement français, « des islamistes auraient pu profiter de ces retraites pour embrigader les plus fondamentalistes ». Ces derniers auraient ensuite pu être envoyés par leurs recruteurs en Angleterre, dans des centres de formation salafistes, afin d’y parfaire leur éducation. Dans les faits, les services en question ont toujours supposé que certains d’entre eux avaient pu gagner la Tchétchénie ou l’Afghanistan, via des associations humanitaires, pour venir en aide à leurs coreligionnaires défavorisés. Surprenant ! Malgré tous ces indicateurs plus qu’alarmants, notons que l’IESH et ses dirigeants n’ont jamais été inquiétés officiellement et qu’ils sont considérés par l’ensemble de la classe politique française comme les représentants d’un islam tout à fait respectable ! (…)
Autre problème, celui du financement des lieux de culte. Les islamistes jouent là encore sur du velours, profitant des failles du système législatif français. Ainsi que je l’ai évoqué à plusieurs reprises, ils créent à tour de bras des associations à objet socioculturel. De sorte qu’ils ne sont pas obligés de publier leurs comptes. La loi de 1901 sur les associations est utilisée sans limites. (…) L’Union des organisations islamiques de France est sans aucun doute celle qui a su exploiter au mieux la loi de 1901 sur les associations. (…)
Califat et République
(…) L’objectif de ces fondamentalistes est d’être représentés dans toutes les couches socioculturelles de la population, d’intégrer l’ensemble de nos institutions, à commencer par la police et l’administration fiscale. (…)
La polémique qui a lieu à propos du voile est à ce titre révélatrice de ce que préparent les intégristes en France. En encourageant leurs filles et leurs femmes à aller à l’école ou sur leur lieu de travail vêtues du hidjab (voile), ils testent les limites de la République. Et la réponse que leur a opposée celle-ci était inadaptée. Revenir sur le cadre d’application de la loi de 1905 était une aberration. Sans compter que le port du voile ne fait pas partie des cinq piliers de l’islam. Il n’est que le reflet de traditions ou de coutumes inhérentes à certains pays musulmans. Du reste, entre le tchador, la burqa et tous les autres, il existe plus d’une quinzaine de voiles différents. (…)
Raisonnablement, la France aurait dû utiliser le cadre législatif existant et se contenter de renvoyer dans leurs chaumières toutes celles qui ne l’appliquaient pas à la lettre. (…)
Recrutement, mode d’emploi
(…) On les abrutit à coup de versets du Coran qu’on leur fait écouter en guise de musique de fond, ces mêmes versets dont ils se repassent les cassettes ou les CD dans leurs voitures, jusqu’à ce qu’ils les aient appris par cœur. On leur montre des films vidéo sur la vie dans les Territoires palestiniens et en Afghanistan, dans lesquels sont pointés du doigt « les oppresseurs juifs et américains ». Bien sûr, on les forme à l’arabe – le leur étant généralement limité –, obligatoire pour étudier le Coran dans le texte. Bref, tout est fait pour couper l’individu de ses points de repère initiaux.
Ayant fréquenté depuis plusieurs années un nombre important de fondamentalistes, je peux malheureusement assurer que cette forme d’endoctrinement fonctionne la plupart du temps très bien. Sans compter que ces jeunes, généralement issus des milieux étudiants et des quartiers défavorisés, sont souvent aidés financièrement par leurs aînés. Qu’ils n’aient pas de travail, et on leur en trouve. Qu’ils n’aient pas de toit, et il y a toujours l’un de leurs coreligionnaires pour les héberger (…). Seulement, à ceux qui s’acquittent de leur tâche avec zèle, on va demander des coups de main qui ont valeur de tests. Par exemple, il va falloir qu’ils remettent des sommes d’argent en liquide à un interlocuteur de passage, ou encore qu’ils conservent des papiers d’identité (faux ?) en attendant que quelqu’un vienne les chercher.
Et puis il y a toujours un moment où l’on en vient à discuter de l’avenir de la jeune recrue, parfois un converti. Est-il prêt à se donner totalement à l’islam ? Veut-il partir aider ses frères opprimés en Europe de l’Est ou en Asie centrale ? A-t-il envie de se rendre à Londres ou à Bruxelles quelques jours pour participer à une conférence privée sur la charia ? Voilà comment on estime, officiellement, à plus de trois cents le nombre de Français qui sont partis rejoindre Al-Qaïda en Tchétchénie, au Pakistan et en Afghanistan. (…)
Afin d’éviter que les dirigeants de l’UOIF ne se défaussent à la lecture de ces propos, je les renvoie à l’un des discours de Youssef al-Qaradawi, éminent membre du conseil scientifique de l’IESH (…) : « (…) Aujourd’hui encore, cinq martyrs sont tombés sous les balles israéliennes. Tous les jours, nous entendons parler de ces martyrs (…). Et moi alors, aurais-je plus de valeur que tous ceux-là ? (…) Aurais-je plus de valeur que les martyrs tombés pour la cause de l’Islam (…) ? Les caravanes de martyrs poursuivent leur chemin et elles doivent poursuivre le chemin. »
Au cas où cela leur aurait échappé, Al-Qaradawi cite là les noms de membres du Hamas, du Djihad islamique, de l’organisation des Frères musulmans et, bouquet final, du mentor de Ben Laden, qu’il érige en modèles. Est-ce avec ce type de discours que l’UOIF entend former les futurs cadres de l’islam en France ?
Que les musulmans évoluent en France, en Angleterre ou dans toute l’Europe en tant que citoyens paraît la moindre des choses. Ils doivent avoir les mêmes droits que les habitants du pays dans lequel ils ont choisi de s’installer, dès lors qu’ils ont opté clairement pour sa nationalité. Mais à l’inverse, pourquoi les pays adoptants auraient-ils à prendre en compte les revendications religieuses de tel ou tel immigrant ? C’est peut-être la question qu’il faut se poser. (…)
Par Charles Hubin
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Mardi 15 mars 2005
Depuis deux ans, il est responsable du Bloc-Notes, indépendant de la ligne éditoriale du journal.

Il s'élève, depuis, contre la "bien-pensance" et le politiquement correct, partagés en France par les politiques, les médias et les intellectuels. Cette "bien-pensance" consiste à se bercer de mots, valorisants pour ceux qui les prononcent, comme humanisme, tolérance, générosité, compassion, droit de l'homme, consensus. Ces mots permettent aux belles âmes, d'occulter la réalité, de ne pas agir, et aussi d'empêcher le débat dans le pays. Celui qui se permet de ne pas être d'accord avec eux est tout de suite qualifié d'extrémiste, de raciste et autres qualificatifs sympathiques. Il explique :
    • C'est la France antiraciste qui a laissé se développer un antisémitisme violent.
    • C'est la France multiculturelle qui a laissé se développer un communautarisme islamique.
    • C'est la France universaliste qui a laissé se développer l'extrême droite la plus puissante d'Europe.
    • C'est la France des droits de l'homme qui ne veut pas voir la menace de la barbarie islamiste.

Ce discours moral a, d'après lui, été initié en 1968, puis développé par la gauche quand elle avait le pouvoir, puis repris par la droite, surtout depuis avril 2002.

Le seul danger était alors représenté par le Front National, qui effrayait, bien sûr, par ses discours de haine et d'exclusion. Pour le reste, on pratiquait lâcheté, hypocrisie et indifférence avec des discours faussement généreux. On disait vouloir le bonheur de chacun.

Et violence, communautarisme, corporatisme, réislamisation des banlieues ont continué à progresser.


L'Ecole

    • n'assume plus son rôle de transfert de savoir et de développement de l'esprit critique chez les enfants.
    • Les enseignants - en majorité d'extrême gauche - ont transformé l'Ecole en annexe de l'Armée du Salut, et les enfants en militants contre Le Pen, contre les Etats-Unis, contre Israël, et on leur apprend la compassion sélective pour certaines victimes choisies, en négligeant toutes les autres.
    • L'école n'a plus le goût de transmettre le patrimoine de la culture française. Et le sociologue François Dubet s'interroge, dans Libération, sur l'identité commune à enseigner à l'école, ou sur l'enseignement de plusieurs cultures.

Les Médias

    • ne remplissent plus leur rôle de contre pouvoir et retransmettent le discours dominant. Les journalistes sont à 90% à gauche, y compris les enseignants des écoles de journalistes.
    • Et il y a un suivisme et une adhésion implicite de chaque journaliste à une idéologie de la "bien pensance", qui occulte ou déforme la réalité et qui transforme le journaliste en militant.
    • Pour la presse écrite, la concentration des titres (une dizaine) amplifie la pensée unique et le mouvement de suivisme.

Les politiques

    • manquent de courage. Ils veulent plaire et suivent l'opinion.
    • Ils n'ont aucune vision de l'avenir et n'engagent pas les réformes nécessaires qui sont bien sûr difficiles, étant donné l'inaction des dernières années.
    • Et ils ne ressentent plus le besoin de préserver nos valeurs, nos institutions, notre éducation, notre patrimoine, notre culture.
    • Certains disent même que l'Europe a des racines autant musulmanes que chrétiennes.
    • La France s'est convertie à un nouveau catéchisme politico médiatique qu'est l'humanisme républicain.
Par Charles Hubin
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  • : Actualité
  • : Après plusieurs années d'archivage d'articles intéressants, de références et d'ouvrages, j'aimerais en faire profiter plus de monde. Une source d'information large et sérieuse sur la géopolitique et l'économie.
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